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27 avril 2008 7 27 /04 /avril /2008 10:34

L’on savait que le 20 février dernier, le Parlement européen a approuvé le traité de Lisbonne [1]. Mais ce qui est peu connu, c’est que lors de la même séance plénière, l’amendement 32 déposé par la Gauche Unitaire Européenne (GUE) et demandant que le Parlement européen « s’engage à respecter le résultat du référendum irlandais » a été rejeté à 499 voix contre 129.
Malgré que la résolution sur le traité voté au même moment indique que « les députés se félicitent de l’accroissement de la responsabilisation démocratique » permettant aux citoyens « d’avoir un plus fort contrôle de l’action de l’Union », le rejet d’un tel amendement reste surprenant. On se souvient qu’en 2001, le « non » irlandais au traité de Nice n’avait pas empêché l’adoption du texte original, tout comme le « non » Danois de 1992 n’avait pas arrêté la marche du traité de Maastricht.

Par ailleurs, l’élite européenne déploie ses éléments les plus zélés sur le territoire irlandais pour faire passer le « oui », et parfois avec une certaine fourberie. La Vice-présidente de la Commission européenne et membre du groupe Amato (les 16 « sages » ayant pré-rédigé le traité –de Lisbonne), Margot Wallstroem, s’est rendue à Dublin le 27 février pour tenter de calmer les Irlandais qui craignent, à juste titre, la perte de leur neutralité militaire en vertu de la « clause de solidarité » du traité. Le lendemain, avec l’ambition à peine masquée de corrompre la population irlandaise, le Premier ministre polonais Donald Tusk a déclaré que son homologue irlandais Bertie Ahern serait un candidat idéal au nouveau poste de président de l’UE, sous-entendant que les Irlandais rateraient l’immense chance d’être au « sommet de l’Europe » s’ils votaient contre le traité.
Lors du débat parlementaire du 20 février, la députée européenne irlandaise du Sin Fein Mary Lou McDonald (GUE) a interpellé ses collègues : « Il y a clairement une peur des référendums dans les autres Etats et je me demande pourquoi. Pourquoi alors que l’on parle tant de démocratie ? Qui ici a peur de la voix du peuple ? ». Sa compatriote, l’indépendante Kathy Sinnott, a avoué faire face à une demande massive de ses administrés pour obtenir des exemplaires du traité : « Quand je dois leur dire qu’il n’y a pas de version lisible, ils restent incrédules. Mais quand je leur dis que c’est par décret de la Conférence intergouvernementale (le groupe secret et non élu mandaté pour rédiger le traité de Lisbonne), ils sont furieux. »
Notes:
[1] On croit à tort qu’il s’agissait du traité lui-même, mais le Parlement européen a seulement voté une résolution dans laquelle ne figure pas le traité, mais seulement des déclarations d’intentions et des autocongratulations à son sujet. Si la résolution commence bien par ces mots « vu le traité de Lisbonne modifiant… », il est expliqué dans la conclusion que le parlement est « conscient » du problème de clarté et de lisibilité du traité et demande donc « que les traités consolidés, révisés à la lumière du traité de Lisbonne, soient publiés immédiatement ». Le Parlement européen aurait-il invoqué et voté un texte qui n’existe pas encore ?
Points info :
(1) Les votes sur cet amendement 32 du 20 février 2008 au Parlement européen :
L'UMP, le Modem et le PS refusent par avance le résultat du référendum irlandais
...si la réponse était "non", bien entendu. Doit-on s'en étonner, puisqu'ils n'ont déjà pas respecté le résultat négatif du référendum français ? Au cours de la séance de vote qui s'est déroulée le 13 février 2008 à Strasbourg au Parlement européen sur le Rapport Corbett-Mendez de Vigo relatif au traité de Lisbonne, un amendement (n°32) était sobrement rédigé : le Parlement européen "s'engage à respecter le résultat du référendum irlandais". Qui oserait voter contre, franchement, l'affirmation du respect du résultat futur des urnes, donc de la démocratie ? Réponse, s'agissant des eurodéputés Français : 46, de l'UMP, des Socialistes et du Modem. Voici en effet dans le détail le résultat du vote par appel nominal sur cet amendement n°32 (source : Parlement européen)
1. Ont voté contre l'amendement 32 : 46 députés français

Libéraux (Modem et Nouveau Centre) : Beaupuy, Cornillet, Fourtou, Gibault, Griesbeck, Laperrouze, Lehideux, Morillon (Sarnez et Cavada absents)
Démocrates Chrétiens (UMP & autres divers droite) : Audy, Daul, Descamps, Fontaine, Fouré, Gaubert, Gauzès, Grossetête, Lamassoure, Mathieu, Morin, Sudre, Toubon
PSE, (Socialistes) : Arif, Berès, Bourzai, Carlotti, Désir, Douay, Guy-Quint, Hazan, Le Foll, Lefrançois, Navarro, Neris, Patrie, Peillon, Poignant, Pribetich, Savary, Schapira, Vaugrenard, Vergnaud, Trautmann, Weber.
Verts (Ecologistes) : Aubert, Bennahmias, Lipietz

2. Se sont abstenus : 3 députés français

PPE : de Veyrac
Verts : Flautre, Onesta

3. Ont voté pour : 17 députés français

Groupe IND/DEM (souverainistes) : Couteaux, Louis, de Villiers
GUE (PCF) : Hénin, Jouye de Grandmaison, Wurtz
Non Inscrits (FN) : Golnisch, Lang, Le Pen, Marine Le Pen, Le Rachinel.
PSE : Laignel
Gageons que si la réponse des Irlandais est un "oui" au traité de Lisbonne, UMP, Modem et PS seront les premiers à s'en féliciter et à célébrer la "démocratie"... Si c'est un "non", comme d'habitude on leur reposera la question jusqu'à ce qu'ils donnent la réponse qu'on attend d'eux, bis repetita placent...

Observatoire de l'Europe
(2) Sur la ratification du Traité de Lisbonne ...
Le Traité de Lisbonne a été signé officiellement en décembre 2007. Actuellement, il a été ratifié par 8 Etats Membres (Hongrie, Malte, Slovénie, Roumanie, France, Bulgarie, Slovaquie, et Pologne). Il est prévu qu'il devrait entrer en vigueur à l'issue de la ratification dans l'ensemble 27 ratifications Etats Membres en principe le 1er janvier 2009.

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commentaires

Ryckelynck Yannick 28/04/2008 14:25

 

POUR UN IMPOT EUROPEEN SUR LA FORTUNE
Voici le texte d'une pétition qui peut être signée sur : le site la petition.com; le blog http://europe-rouge.over-blog.com/article-17835468.html :
Depuis plus d'un quart de siècle, les inégalités sociales ne cessent de se creuser en Europe au profit d'une petite minorité de grands bourgeois trop riches.Une construction européenne basée sur la "concurrence libre et non faussée",notamment entre états et entre les systèmes sociaux nourrit le dumping fiscal, au détriment du monde du travail et des services publics.Face aux scandales de la fraude fiscale, à l'existence des états voyoux que sont les paradis fiscaux, les citoyens sont de plus en plus nombreux à se révolter contre la cupidité sans frein des bénéficiaires des rentes financières et immobilières, dont les spéculations menacent aujourd'hui l'économie mondiale. L'harmonisation fiscale au sein de l'Union Européenne devenant une exigence pressante, nous demandons que la première étape en soit la création d'un impôt europén sur la fortune, sur le modèle de celui existant en France,mais à un taux permettant une réduction effectives des inégalités sociales. Le produit en sera notamment affecté au développement durable des régions les plus pauvres.