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18 octobre 2008 6 18 /10 /octobre /2008 17:26


Le 16 octobre, le tribunal d'application des peines siégeant à la prison des Baumettes à Marseille a décidé, après seulement cinq minutes de délibération, la révocation du régime d'aménagement de peine appliqué à Jean-Marc Rouillan depuis décembre 2007 après 21 ans de prison. L'appel sera jugé dans les quarante jours.

Alors que le Service pénitentiaire d'insertion et de probation était favorable au maintien du régime de semi-liberté de Jean-Marc Rouillan, la décision prise par les juges satisfait entièrement aux demandes du parquet, qui aujourd'hui se félicite bruyamment d'avoir mis fin au « scandale » que constituait pour lui ces dix mois de semi-liberté, même assortie de conditions très restrictives.

Le pouvoir politique, opposé depuis des années à toute mesure d'aménagement de peine pour Jean-Marc Rouillan, vise ainsi à empêcher sa libération conditionnelle qui était prévue en fin d'année. Il a donc orchestré cet emballement médiatique au cours duquel les propos tenus ont été déformés voire même falsifiés.

En réalité, s'il était interdit à Jean-Marc Rouillan d'évoquer les faits pour lesquels il avait été condamné, il ne lui était aucunement interdit de rencontrer des journalistes, de donner des interviews ni de s'exprimer sur la situation politique d'aujourd'hui et sur son nouvel engagement militant. D'autre part, Jean-Marc Rouillan n'a pas parlé des faits, il n'a fait que commenter l'interdiction d'en parler. Enfin, rappelons qu'il n’y a aucun fondement juridique à lui imposer aujourd'hui un chantage aux regrets, alors que ceux-ci n'ont pu être exigés de lui pour le placer en semi-liberté. De fait, la notion de repentance n'existe pas en droit français.

Mais il fallait interdire à Jean-Marc Rouillan toute expression politique. Il ne fallait pas qu'il parle et que sa parole puisse être écoutée de tous ceux qui subissent aujourd'hui une crise aux conséquences dramatiques. Jean-Marc Rouillan a parlé, il doit donc retourner en prison.

Ceux qui ont hurlé avec les loups, mais aussi ceux qui n'ont pas eu l'honnêteté intellectuelle de dénoncer hier l'amalgame mensonger répandu par certains médias, ceux qui sont restés frileusement dans leur niche et n'ont pas voulu « se mouiller » pour défendre Jean-Marc Rouillan peuvent maintenant se demander quelle part de responsabilité ils ont dans sa réincarcération.

Des juges ont décidé de mettre un militant politique en prison non pour des actes accomplis, mais pour une seule phrase prononcée, c'est-à-dire pour ses opinions. Ces juges n’ont même pas pris la peine de motiver leur jugement.

Ailleurs, d’autres militants doivent payer de fortes amendes sous le prétexte d'« outrage », utilisé pour faire taire toute opposition. Des travailleurs sont condamnés par la justice pour avoir défendu leurs droits. Des sans-papiers, enfants et adultes, sont raflés et expulsés avec la plus grande des violences. Des jeunes sont poursuivis pour avoir seulement sifflé la Marseillaise. Et tous, nous sommes de plus en plus surveillés, fichés, contrôlés par Edvige ou son avatar Edvirsp.

Aujourd'hui, laisser se développer sans réagir de telles atteintes aux libertés serait lourd de conséquences pour l'expression démocratique de tous. Face à l'arbitraire, nous appelons à l'unité pour défendre nos droits.

C’est ensemble que nous pourrons sortir Jean-Marc Rouillan de prison !

Sans oublier Georges Cipriani et Régis Schleicher.

Le Collectif « Ne laissons pas faire ! »

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Published by Le Mammouth - dans Résistance
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commentaires

Tabasco 21/10/2008 19:12

Face à de tels arguments, je ne peux que m'incliner

Tabasco 19/10/2008 10:36

Les règles étaient pourtant simples : l'assasin était sorti de prison sous reserve qu'il ne fasse pas de publicité et ce, pour ne pas choquer les victimes déjà durement touchées après la libération du bourreau de leur père, frère, mari...Jean Marc Rouillan a, malgré tout, souhaité s'exprimer publiquement, osant dire qu'il n'avait aucun regret pour ses actes (je rappelle qu'il n'a pas volé du pain pour manger, ce n'est pas Jean Valjean). La place d'un tel homme n'est pas d'être en liberté dans une société civilisée, qu'il retourne donc dans sa cellule dont il n'aurait jamais du sortir.Voilà pourquoi le NPA ne gagnera surement aucune élection. Comme son miroir politique (FN), il est incapable de condamner fermement les folies commises au nom de l'idéologie.

Le Mammouth 19/10/2008 15:28


On avait pourtant bien fait sortir Papon, Haut Fonctionnaire, condamné pour crimes contre l'Humanité, collaborateur, pourvoyeur de chambres à gaz!
Un enfant juif, ça vaut moins qu'un capitaine d'industrie?