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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 18:07
Echarpe.jpgC’est en raison des qualités humaines, autant que par les promesses qui n’engagent, trop souvent, que ceux qui les écoutent, que les électeurs  accordent leurs suffrages à tel ou tel candidat à la magistrature (locale) suprême.

La réputation favorable de l’homme ou de la femme, simple, facilement abordable, honnête, dévoué aux autres, attachés à des valeurs qui seraient les siennes…plus que celles de tous les autres, évidemment, constitue un capital électoral souvent décisif.


Ce qu’ignorent les électeurs, parce que leur favori l’ignore lui-même, ce sont les ressorts personnels, les aspects de la personnalité que l’épreuve du pouvoir va  révéler.

Pour celui qui croit « prendre le pouvoir », après tant de rêves, d’efforts et de tractations diverses, la réalité imprévisible, les aléas de la conjoncture et les évènements   ne tardent pas à le mettre à l’épreuve de lui-même.

Voilà les déclarations d’intentions battues en brèche, les promesses démenties par les contraintes du moment et, ce,  de façon d’autant plus éprouvante que le pouvoir a été conquis dans l’ambiguïté.

L’épreuve du pouvoir confronte l’homme à son destin et à lui-même ; elle l’expose  à une solitude d’autant grande et difficile à assumer quand certains fonctionnements personnels (psychologiques, comportementaux) s’emparent de lui.

Les traquenards politiciens, les retournements de la conjoncture et des hommes conduisent le plus souvent, par déficit de culture politique et d’expérience, à la rétraction, à l’entêtement. Dérive autocratique, paranoïaque parfois, obstination à persévérer dans l’erreur, restriction de l’entourage à un petit nombre de (supposés) fidèles guettant le faux-pas, délibérations secrètes et contournements de la loi au profit des plus influents, des puissants.

La tentation est grande, alors, de tenter de discréditer toute contestation, de ne reconnaître comme constructifs que les seuls avis qui ne remettraient en question, qu’à la marge, les décisions prises ou les projets avancés.

Ainsi voit-on certains élus s’en prendre de façon démagogique et spécifiquement populiste à des associations qui défendent le bien commun plutôt que de tenter, en tant qu’élus, d’intervenir auprès des parlementaires pour faire modifier la loi dont les rappels cumulatifs,   par les tribunaux administratifs, les indisposent.

De façon symptomatique et trop habituelle, l’opposition est alors discréditée, stigmatisée comme dénuée d’intelligence, de compétences, d’intégrité, de capacité d’expertise, d’humanisme du fait même qu’elle s’oppose!

Une telle attitude récuse l’intérêt présenté par la diversité des positions et la confrontation des points de vue ; elle porte évidemment atteinte à la stimulation de l’intelligence collective, à la capacité d’anticiper quelque peu l’avenir.

Signe de faiblesse, elle nuit gravement à la recherche du mieux « vivre-ensemble » par delà les divisions multiples entre groupe et individus dans la cité.

C’est précisément en tentant de surmonter ces divisions, en composant avec elles au lieu de les exploiter, de les exacerber, c’est en tentant de rassembler, que  l’homme (ou la femme)  conscient de ses responsabilités se fait reconnaître en tant qu’homme politique digne de la confiance que le peuple lui a déléguée… pour un temps !

Yann Le Pennec

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