Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Recherche

Archives

26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 09:48
A l’occasion du vingtième anniversaire de l’adoption par les Nations Unies de la Convention des Droits de l’Enfant, la mairie de Granville avait souscrit à la proposition de donner un nom à un endroit, dans la ville, pour commémorer l’événement. Des élèves de CM1 et CM2 avaient  été sollicités pour réfléchir collectivement et proposer un nom. Sérieusement, comme quand on les prend au sérieux,  ils avaient trouvé : « square des droits de l’enfant, square des enfants du monde, square du coté des enfants du monde » et dans  une autre école…Janusz Korczak (précurseur de la mise en pratique des droits de l'enfant), le jardin des enfants,  les petits jeux, le coin des enfants, la planque des gamins, le paradis des enfants, le petit jardin des jeux, les jeux des enfants, l'île des enfants, le royaume des enfants, le territoire des enfants, le parc des enfants, au royaume des enfants, au bonheur des enfants.

Et ce fut  « l’orée des enfants» que nul enfant n’avait proposé… et pour cause ! L’adjointe chargée de l’éducation et de la vie scolaire fut, alors,  contrainte de leur apprendre que, dans le dictionnaire,  l’orée  désigne une limite, une bordure, un rivage.  Le panneau  « l’orée des enfants » mentionnant, toutefois, l’objet de cette commémoration, fut planté par monsieur le maire entouré de quatre enfants…

Nul enfant évidemment ne prit la parole pour demander pourquoi pas « le square, le parc, la planque, le jardin, le territoire, l’île »  autant de mots connus des élèves de CM1, CM2 qui évoquent  un espace délimité, tranquille, protégé, soustrait au bruit, à la pollution. Et ne parlons pas du royaume ou du paradis !  Cette question fut posée par une mère d’élève ; elle visait, évidemment la proximité de cette « orée des enfants » avec la future pénétrante favorisant l’afflux des voitures dans le centre ville. Monsieur le maire  répondit que cette voie faisait partie du programme de la majorité élue   et qu’elle se ferait.

Et tous les élus repartirent fort heureux et satisfaits d’avoir commémoré dignement  cette Convention Internationale des Droits de l’Enfant dont aucun article ne mentionne  qu’il est interdit de leurrer les enfants. « L’orée des enfants », ne parle donc ni des droits, ni du monde dont l’état préoccupe les enfants  et qu’ils évoquaient dans leurs propositions  pour situer un lieu, une aire, et non une limite incertaine et vague ; ils attendaient  que les adultes désignent  une place : la place de l’enfant dans une cité qui respecte les enfants en respectant leur  parole…

Y. Le P.

Partager cet article

Repost 0
Published by Le Mammouth - dans Coup de trompe
commenter cet article

commentaires