Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Recherche

Archives

9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 11:22
mar.jpgL’émission « Envoyé spécial » du 2 février traitait de la diffusion  désormais banale de la pornographie dans la société.  Interviewés, de jeunes couples fréquentant les sex-shops où se procurer des films pour stimuler leur libido, pas nécessairement défaillante se déclaraient ostensiblement libérés, « sans tabous » disaient-ils. Certaines familles en regardent, paraît-il,  en famille ; des enfants, on ne sait trop à partir de quel  âge, y accèdent sur leur écran individuel dans leurs chambres.

« Sans tabous », l’expression s’est répandue avec la montée des thèses « libérales » du capitalisme néo-libéral. Sous couvert de modernité, elle a été utilisée pour contester et remettre en cause tous les acquits de luttes sociales, tout ce que  le Conseil National de la Résistance en particulier avait  permis de garantir aux travailleurs, aux salariés en terme de droits, de protections. Aujourd’hui, la question des retraites devrait être abordée « sans tabous », évidemment, comme la question de la rémunération des grands patrons qui se goinfrent de millions d’euros, comme la question de la vidéosurveillance qui fait de chaque citoyen un suspect vis à vis de son prochain, etc.

Nulle limite, aucun principe ne devrait être évoqué, mobilisé pour faire face à l’emprise de la marchandisation de tous les secteurs de la vie politique, économique, sociale, familiale jusqu’à l’intimité de la vie érotique. Or, la diffusion « sans tabous » de la pornographie dans les familles, hors la vie érotique des parents, met en jeu les fondements de la construction psychique des individus (et la civilisation humaine) fondée sur la séparation des sexes et des générations. L’interdit de l’inceste (le tabou de l’inceste) interdit de coucher avec son frère ou sa sœur et pour les parents (ou grands parents) avec leurs (petits) fils ou filles. On saisit dés lors comment la vision de films pornographiques « en famille » peut infester (plus exactement « incester ») les rapports entre frères et sœurs et entre parents. Les parents sont  précisément en charge en charge de poser, d’imposer,  des limites à la pulsion sexuelle dans la famille. On se moquait plaisamment encore, il y a quelques années des familles « tuyau-de-poêle » sans se douter des souffrances des enfants, en particulier (L’affaire d’Outreau est venue révéler au grand public les dégâts terribles qui détruisent des vies humaines quant cet interdit fondamental est transgressé).

Propagée par tous ceux qui tentent de nous convaincre que nulle entrave ne saurait être opposée à la libre circulation de la marchandise et à la loi du profit maximum, l’idéologie du « sans tabou » compromet la vie psychique, familiale et sociale de ceux qui croient ainsi être « libérés ».

Yann le Pennec

Partager cet article

Repost 0

commentaires