Pour signer l'appelVoir le texte en date du 15 mai (ci-dessous)
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Pour signer l'appel
Nous célébrons
l’anniversaire de Mai 68.
Le temps n’est toutefois ni aux commémorations, ni à la nostalgie.
La planète s’est profondément transformée. Le capitalisme se fait toujours plus prédateur. Les émeutes de la faim sont le corollaire de l’enrichissement indécent d’une minorité de privilégiés. Les crises financières s’enchaînent et une catastrophe écologique se dessine. Bousculée par un nouveau totalitarisme de marché, la démocratie s’étiole.
C’est à la refondation d’une politique d’émancipation qu’il importe de s’atteler.
En France, le sarkozysme se heurte déjà à la résistance du pays. Dans les entreprises du secteur privé, dans les services publics, à l’école, d’amples mobilisations se font jour.
À quarante ans de distance, deux questions se reposent à nous : quelles perspectives offrir à la colère sociale ? Comment la volonté de changer radicalement l’ordre des choses peut-elle redonner majoritairement le ton à gauche ?
À cet égard, chacun hélas peut le constater, il manque toujours une force incarnant un projet alternatif.
Du côté de la majorité dirigeante du Parti socialiste, les volontés hégémoniques se confirment, et avec elles les tendances au renoncement social-libéral, inspirées des exemples de MM. Blair ou Prodi. Mais la gauche de transformation sociale et écologiste ne doit pas, elle, s’accommoder d’un statu quo qui lui interdit d’espérer changer en profondeur la donne politique.
La menace du bipartisme devient plus forte, avec son choix mortifère ramené à deux variantes de l’adaptation au libéralisme. Tout cela peut nous conduire à des désastres comme celui que vient de connaître la gauche italienne, incapable d’empêcher le retour de Berlusconi aux affaires et littéralement disloquée.
Les municipales et les cantonales viennent pourtant de prouver qu’il existe ici un espace comparable à celui révélé par Die Linke en Allemagne ou d’autres expériences similaires en Europe. Faute de convergence entre des traditions et des cultures jusqu’ici séparées, faute de prendre en compte l’apport des mouvements sociaux et citoyens ayant émergé depuis plusieurs années, le champ des possibles demeurera inévitablement limité : aucune force constituée ne peut rassembler autour d’elle seule.
Les échecs passés nous instruisent des difficultés de l’entreprise. Nous n’en restons pas moins convaincus que c’est le seul horizon porteur d’avenir.
Un cadre permanent pour faire front
Nous en appelons donc à l’affirmation d’une gauche enfin à gauche. Qui n’oublie plus la nécessité de redistribuer les richesses. Qui soit en phase avec les aspirations des salariés, avec ou sans papiers, des quartiers populaires, des jeunes. Qui conjugue urgence sociale, urgence démocratique et urgence écologique. Qui permette au peuple d’exercer sa souveraineté dans tous les domaines. Qui place l’égalité entre hommes et femmes au cœur de son projet. Qui milite pour un nouveau mode de production et de consommation, soutenable et respectueux des équilibres écologiques. Qui promeuve la construction d’une autre Europe et de rapports de codéveloppement avec le Sud. Qui devienne, ce faisant, une véritable force.
Militants politiques, acteurs du mouvement social et culturel, nous pouvons dès à présent agir de façon coordonnée. Sans préalable sur les engagements des uns et des autres, construisons un cadre permanent qui nous permette, ensemble, nationalement et localement, de réfléchir aux moyens d’une vraie réponse politique aux attaques de la droite et du Medef et d’aborder les grands rendez-vous qui s’annoncent. D’ici l’été, que chacun et chacune se saisisse de cette proposition sur le terrain. Et retrouvons-nous à l’occasion d’un grand rendez-vous national en septembre, afin de prolonger ces échanges.
Premiers signataires :
Paul Ariès, Ariane Ascaride, François Asensi, Clémentine Autain, Christophe Barbillat, Francine Bavay, Hamida Bensadia, Pierre Bergougnoux, Jacques Bidet, Martine Billard, Jean-Jacques Boislaroussie, Patrick Braouezec, Bernard Calabuig, Yves Contassot, Eric Coquerel, Emmanuelle Cosse, Thomas Coutrot, Claude Debons, Bernard Defaix, Marc Dolez, Annie Ernaux, Jean-Claude Gayssot, Jacques Généreux, Susan George, Dominique Grador, Robert Guediguian, Michel Husson, Raoul-Marc Jennar, François Labroille, Frédéric Lebaron, Jacques Lerichomme, Philippe Mangeot, Roger Martelli, François Maspero, Gérard Mauger, Marion Mazauric, Daniel Mermet, Mohammed Mechmache, Philippe Meyrieu, Claude Michel, Yann Moulier-Boutang, Dominique Noguères, Michel Onfray, Christian Picquet, Christophe Ramaux, Yves Salesse, Denis Sieffert, Patrick Silberstein, Evelyne Sire-Marin, Emmanuel Terray, Rémy Toulouse, Marcel Trillat, Christophe Ventura, Marie-Pierre Vieu, Claire Villiers.
Réponse à une mise au point
Dans une mise au point publiée sur le site de la LCR et envoyée à tous les militants et toutes les militantes de l'organisation par le biais d'une circulaire interne, le « secrétariat du bureau politique » donne son point de vue à propos de l'article publié dans le Monde du 28 mars relatant la « dépermanentisation » de notre camarade Christian Picquet. Il nous semble utile à notre tour de faire une réponse … à la mise au point.
En préalable, il est curieux que cette « mise au point » émane d'un « secrétariat du bureau politique » qui, rappelons-le, n'a aucune existence formelle dans les statuts de la LCR et qui n'est qu'une instance de travail informelle pour les permanents présents dans les locaux de Montreuil. Mais passons au fond du texte.
Première contrevérité, nous aurions choisi de nous constituer en tendance publique lors de notre réunion nationale de février et cela justifierait selon les rédacteurs de la mise au point le traitement pour le moins particulier qui nous est appliqué.
Or la déclaration adoptée par la réunion nationale de notre courant indique clairement : « Suite au congrès de la LCR, nous maintenons la tendance créée sur les bases des thèses de la plateforme B, tendance publique de la LCR (dénommée courant Unir). »
Cela fait près d'un an et demi que défendons publiquement nos idées, les camarades sont bien obligés de le reconnaître dans leur texte, donc il ne s'agit aucunement d'une nouveauté mais ce qui semble leur poser problème c'est que nous aurions décidé « de l'acter aujourd'hui ».
Quoi de plus normal qu'une plateforme ayant proposé une orientation lors d'un congrès de la LCR décide de se maintenir en tendance sur la base d'un texte écrit comme cela est prévu par les statuts ? C'est le fonctionnement normal de notre organisation. Cette décision de maintien a été prise du fait que notre plateforme a pris acte des résultats du XVII° Congrès. L'orientation de la majorité sortante y a été très largement approuvée, contre celle que nous défendions. Pour autant, les divergences apparues ces deux dernières années n'ont nullement été surmontées. À nos yeux, le cours désormais suivi par notre organisation est de nature à mettre en cause le projet stratégique qui nous était jusqu'alors commun, celui d'un parti large et pluraliste conçu comme une nouvelle représentation politique de la classe travailleuse. C'est bien le fait de maintenir cette orientation stratégique qui nous est reproché. Si Christian Picquet et à travers lui le courant Unir est visé, c'est pour signifier politiquement, symboliquement et matériellement par une mesure brutale, que la LCR et sa nouvelle équipe de direction, entend rompre clairement et nettement avec ce projet que la LCR a porté depuis le début des années 1990. C'est pour que toute l'organisation entende de manière « irréversible » : ce projet est fini, cette époque de notre histoire est terminée. Mais comme la "chose" résiste, il faut que quelqu'un en fasse les frais, et que cela se sache, pour couper court à tout retour en arrière.
Deuxième contrevérité, nos demandes de moyens au titre de la tendance auraient « globalement été acceptées ». Il faut revenir précisément sur ce point.
Nous demandions une tribune hebdomadaire dans Rouge cela a été effectivement accepté.
Nous demandions une somme mensuelle de 1000 euros pour l'ensemble de son intervention (interne autant que publique), pour payer des voyages, organiser des débats et sortir du matériel (dont le Bulletin Unir). Contrairement à ce qui a été écrit cela nous a été refusé. En effet, la proposition qui nous a été faite consiste en une somme de maximum 12 000 euros pour le financement d'activités internes dont des voyages pour deux réunions nationales. C'est à dire que nous aurions le droit d'engager des frais et de nous les faire rembourser (évidemment sur justificatif) à hauteur de 12000 euros annuels mais uniquement pour les activités internes à la LCR. Il fait parler clair : cette proposition n'a pour finalité que de donner à la direction majoritaire les moyens d'un contrôle des activités du courant Unir. Donc, non seulement notre demande n'a pas été acceptée, mais un pas a été franchi dans la remise en cause du droit, pour un courant de l'organisation, d'intervenir de manière publique. Cela revient à vider de contenu le droit reconnu par nos statuts d'exister comme courant public de la LCR.
Nous avons expliqué que la proposition faite d'un demi permanent au lieu d'un temps plein au titre de la tendance Unir pouvait être discutée, de même que la périodicité de la tribune et la somme allouée, mais pour pouvoir engager le débat il aurait été nécessaire que la Direction Nationale donne droit à notre demande de bénéficier d'un mi-temps au titre de BP. Pour nous ce point est décisif. Nous refusons la logique consistant à nous placer de facto en extériorité par rapport à la LCR. Nous sommes un courant de la LCR, et nous participons aux activités de celle-ci, à ses débats, à son fonctionnement et nous y prenons toutes nos responsabilités, c'est pourquoi le poste de demi permanent au titre des tâches centrales de l'organisation conditionne le reste, les membres du BP qui ont discuté avec nous étaient au courant puisque nous le leur avions précisément expliqué.
Par rapport à cette volonté de nous investir pleinement dans l'activité quotidienne de direction de l'organisation, les membres de la DN ont « considéré que la mise en tendance publique et la prise en charge de tâches de direction rémunérée n'était aujourd'hui pas compatible au vu par ailleurs des moyens qui sont les nôtres : 4,5 postes de permanentat essentiellement à temps partiel pour le BP ».
Il y a là, au-delà du déni démocratique, une reconstruction peu reluisante de la réalité. Lors de son rapport devant la direction nationale des 15 et 16 mars, Pierre-François Grond a indiqué très clairement les moyens dont dispose la LCR. Ceux-ci s'établissent en fait à 9 camarades au titre du BP (soit précisément 4,2 équivalents temps plein comme ont dit dans les entreprises), 5 camarades membres de la DN (4,4 équivalents temps plein) , 5 camarades au titre des régions (2,5 équivalents temps plein). Soit un total de 19 permanents pour l'organisation (11,1 équivalents temps plein) dont aucun n'est membre de la minorité. Ce n'est pas acceptable, car contraire à toute la tradition démocratique de notre organisation, et notre demande d'un demi-poste est parfaitement légitime. Rappelons que, au milieu des années 1990, la tendance Révolution !, dont était membre à l'époque Olivier Besancenot, avec quatre fois moins de voix dans la LCR que le courant Unir aujourd'hui, occupait l'un des quatre postes de permanents centraux de l'organisation !
En clair, toutes les déclarations, écrits, prises de positions de camarades de la majorité aboutissent à une unique conclusion : le problème ne porte ni sur l'organisation des relations à l'intérieur de l'organisation, ni sur la relation entre notre camarade Christian Picquet et la direction majoritaire ; il renvoie à la volonté de la direction majoritaire de s'en prendre à la principale minorité de l'organisation, du fait des positions qu'elle défend en interne et en externe. C'est une atteinte sans véritable précédent au droit de tendance dans la LCR, et une rupture avec la tradition de pluralisme qui caractérisa toujours la section française de la IV° Internationale. On ne peut s'empêcher de faire ici le lien avec la méthode retenue, par la même DN, quant à l'accélération du mouvement menant au « Nouveau parti anticapitaliste » (qui cherche pratiquement à dissoudre les sections de la LCR dans les comités d'initiative, avant même que le congrès de la Ligue ait pu souverainement apprécier la réalité du processus engagé et décider de l'éventuelle dissolution de l'organisation).
Au final, nos propositions ont donc été rejetées et notre camarade Christian Picquet a été immédiatement dépermanentisé. Nous avons donc refusé la proposition contenue dans la motion adoptée à la DN. Nous maintenons la nôtre.
POUR QUE LES CHOSES SOIENT BIEN CLAIRES : NOUS N'AVONS DONC POUR L'HEURE NI TRIBUNE DANS ROUGE, NI MOYENS FINANCIERS, NI PERMANENT AU TITRE DE LA TENDANCE OU AU TITRE DU BP.
Pour finir, concernant les incantations sur le pluralisme que l'on retrouve dans la mise au point du « secrétariat du bureau politique », elles n'effacent en rien les déclarations faites au Monde au nom de la direction par Pierre-François Grond : « Les moyens de l'orga doivent être mis à la disposition de ceux qui appliquent la ligne majoritaire ». Elles n'effacent pas plus le fait que lors du congrès de la LCR, un amendement proposant d'introduire simplement le mot « pluraliste » dans la définition du nouveau parti anticapitaliste a été rejeté. Pour tout dire elles sont choquantes, traitant notre courant, courant de la LCR, comme s'il était extérieur à l'organisation, éventuellement appelé à discuter, « à égalité avec d'autres participants », de sa place dans le futur parti tel que voulu par la majorité ? Les paroles de Pierre-François Grond au Monde - « Il faut que la minorité assume son centre de gravité à l'extérieur de la LCR » - prennent ici une singulière résonance.
Il faut ramener à la raison cette majorité de direction. Il en va de l'image et de la préservation des traditions de la LCR
La Direction du courant Unir de la LCR