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Samedi 14 avril 2007
Ne vous effrayez pas, le mammouth et ses modestes chinois clandestins non rémunérés collaborateurs n'ont pas décidé d'élargir le lectorat de ce site en attirant quelques pervers scatophiles. Il s'agit, tout simplement, et au delà de cette référence hautement culturelle à un épisode de South Park1, de cristalliser nos opinions, puisque nous sommes à une semaine du premier tour, et que les sondages nous clament depuis des mois qu'à la mi-avril, nous allons nous cristalliser.
 En premier lieu, prenons le temps d'observer les forces en puissance:
 

A l'extrême droite:

Nous avons un vicomte persuadé d'un complot islamiste contre la France éternelle, qui souhaite le lever au drapeau tous les matins dans les écoles, et qui a pour porte parole un ancien petiot du Front National. Bref, de la vaste rigolade.

 

De l'autre côté, le vieux poujadiste est une fois de plus de retour, après nous avoir fait son célèbre spectacle « non je n'aurai pas mes signatures », mais ce coup-ci, humanisation du Front National entamé par sa progéniture oblige, la faute en revenait à l'UMPS et non au complot judeo maçonnique des amis de Pol Pot et de Joseph Staline.


 

A la droite extrême:


 

Nicolas Sarkozy, qui, avouons le, est tellement doué qu'il arrive à faire oublier que la droite a commis stupidité sur stupidité, s'est pris manifestations sur manifestations, a réussi à faire naitre une émeute à cause d'un ticket de métro, et a fait basculer toutes les régions à gauche, sauf l'Alsace parcequ'il faut pas déconner non plus.

 


A la droite tout court:


 

L'homme qu'on a vu sur toutes les télés même s'il s'est plaint de ne jamais y être, François Bayrou! Il est de la gauche balladurienne, de la laïcité qui a voulu modifier la loi Falloux, bref, comme cette célèbre une de Charlie Hebdo2 sur Lecanuet, c'est une gueule qu'on voudrait écraser à coup de tatane.

 


A la gauche centro-socialo-démocrato-traître:


 

Après de longs palabres, c'est Ségolène Royal qui a été choisie par les militants-es du Parti Socialiste. Difficile de peser le pour et le contre, d'un côté elle subit des attaques particulièrement crétines et qu'on ne lancerait pas si elle avait eu la présence d'esprit de naitre avec un pénis, d'un autre côté, elle sort des énormités éléphantesques, et son conservatisme provoque chez moi des remontées gastriques assez désagréables.


 

Chez les anciens staliniens:


 

Je préfère ne pas m'engager sur ce sujet, j'ai une prise d'intérêt en la matière, j'ai parié une bière qu'ils ne feraient pas 5%. Mais bon, tout de même, bravo pour l'union anti-libérale c'est une grande réussite. Comme quoi, on a renoncé à la dictature du prolétariat, mais pas au centralisme démocratique.


 

Chez les sectaires trotskystes:


 

Comme toutes les élections, la momie ressort, parle aux travailleuses et aux travailleurs, qui oublient qu'elle n'est que porte-parole d'un parti pour le moins obscur. Mais bon, elle est extrêmement sympathique, on ne peut pas lui enlever ça.


 

Chez les trotskystes postiers:


 

Difficile de dire du mal de Besancenot, il est jeune, sympathique, livre le courrier à l'heure et en plus il ne raconte pas que des conneries. Il leur faudrait un porte parole comme ça au PS, ça serait plus excitant que Julien Dray, et cela nous changerait d'avoir un vrai discours de gauche.


 

Chez les baltringues:


 

Quatre candidats comiques cette année, un chez les verts (ils ont l'habitude), un pour le CNPF (ils ont l'habitude aussi, mais c'est une tradition plus récente), un pour le Parti des Travailleurs (ils ont aussi l'habitude, mais là ils ont fait fort), et enfin un anti OGM, pour qui je vais devoir justifier l'AOC de baltringue sinon le mammouth risque de m'en vouloir.


 

Passons Dominique Voynet, les verts ne sont même plus drôles. Chasse pêche et cul a réussi l'exploit de trouver un avocat pour tirer sur les galinettes cendrées. Gérard -putaing cong- Shivardi quant à lui serait hilarant s'il n'avait pas derrière lui une secte sataniste mangeuse d'enfants et que ses meetings ne se finissaient pas par un « Ca suffit l'Union Européenne ». Quant à Bové, j'avoue avoir beaucoup de mal. Le côté « je vais brûler des expérimentations » me rappellent dans un autre genre les commandos anti-avortement. Même si j'ai évidemment plus de sympathie pour les faucheurs d'OGM, je ne peux pas m'empêcher de penser qu'au final, cela fonctionne selon la même logique. Sa récente déclaration sur la nomination potentielle de Nicolas Hulot comme Premier Ministre a finit par achever les quelques remparts qui protégeaient Bové de mes réticences (et accessoirement de mes moqueries).

 


 

Ces constats faits, que dire de cette -trop- longue campagne?

 


 

La gauche et l'extrême gauche avaient un boulevard pour eux, boulevard qu'ils ont transformé en impasse. Du côté de ce que le jargon journalistique qualifie de « gauche de la gauche », les vieilles divisions ont ressurgit, les marxistes-léninistes détestent toujours les trotskystes, qui de leur côté vouent une haine sans nom à l'encontre des marxistes-léninistes. Cela a au moins le mérite de vous conseiller la vision de l'excellent film des Monty Python, La vie de Brian, qui résume à la perfection la situation de l'extrême gauche à travers son Front du Peuple de Judée.

 

Bové, lui, est sorti du chapeau bien trop tard, sans fédérer grand monde, et en arrive au point de faire de la lèche à un vendeur de shampoing sponsorisé par Bouygues (mais pour sa défense le béton de Bouygues est sans OGM, contrairement aux graines de Monsanto).

 

Au PS, rien n'a abouti, après 5 ans d'opposition, de manifestations, de victoires électorales (à l'exception, partielle, du référendum sur le Traité Constitutionnel). La campagne est cacophonique, sent l'amateurisme, et commet l'erreur de suivre les idées polémiques de Sarkozy plutôt que de créer le débat. La récente sortie de Nicolas Sarkozy sur l'inné et l'acquis en est l'exemple concret. En se jetant tels des vautours sur une petite phrase tirée d'un dialogue de 8 pages, qui, par ailleurs, est bien plus mesuré que cela, ils ont perdu deux ou trois jours de visibilité en centrant les discussions sur ces propos, plutôt que de diriger les débats.

 

L'UMP de son côté réhabilite la transformation balladuro-pasquaienne qui n'avait pu être menée sous Jacques Chirac. Comme les centristes et autres démocrates libéraux ont rejoint le navire en 2002, maintenant, la prochaine étape, c'est la mort de Jean Marie le Pen, et une Marine du même nom bien plus fréquentable, avec qui ils pourront s'allier, alors qu'une partie de l'UDF, certes minime, commence à avoir du mal à supporter ces pas de danse entre le Front et l'UMP et risque de rejoindre le PS en cas de branlée électorale. La bipolarisation du monde politique français est en marche, les frontières entre les partis s'estompent peu à peu, et les média remettent de plus en plus en cause la répartition des temps de parole voire le financement des campagnes.

 

Pendant ce temps, Sarkozy mène une bataille redoutable, crée des débats, se réconcilie avec la chiraquie en négociant en douce une immunité déguisée3 , bref, pour l'instant, du sans faute ou presque. Reste à savoir si tout ces efforts seront suffisant pour faire taire les craintes qu'il suscite. Après tout, il s'est planté à toutes les élections, sauf à Neuilly, l'espoir n'est donc pas si mince pour sa défaite.


Alors, le 22 avril, que faire?


Personnellement j'ai choisi, ça sera la poire à lavement Royal. Aussi sympathique soit Besancenot, dont je me sens politiquement bien plus proche que la ligne actuelle du PS, les divisions à l'extrême gauche me font doucement pouffer. Ségolène Royal est loin d'être parfaite, et c'est là plus un vote de raison, mais elle a la chance incroyable d'avoir en face d'elle, un sandwich au caca vraiment effrayant, et je n'ai pas envie de passer la deuxième décennie de ma vie avec cette droite puante, conservatrice et dangereuse. Surtout que je suis trop avancé dans mes études pour aller m'expatrier en Erasmus...

 


 

1 Un épisode d'une rare finesse, et pourtant si pertinent. lien
2 Couverture de Charlie Hebdo du 6 mai 1976 trouvable sur cet excellent site
3 Dans le Canard Enchainé daté du 11/04/07, Le Monde en parle ici




par Ben le Contestable publié dans : Le Grand Edito du Modeste Ben le Contestable
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Dimanche 25 mars 2007

Je pensais, probablement bêtement, que le fond de l'abject était tenu, et fermement tenu, par le Président du Front National. Voilà alors que l'UMP, en la personne de son général en chef, arrive avec ses gros sabots pour fustiger tous ces musulmans qui trucident des moutons innocents dans leurs baignoires, et qui excisent leurs non moins innocentes filles. Soit, après tout, que l'UMP fricote avec les idées du Front National, une partie de la droite -et du centrisme- en ont parfois la dangereuse habitude. Mais désormais, même ce qui fut un parti internationaliste dans sa folle jeunesse, se lance dans la pêche au voix nationalistes, il est vrai de plus en plus nombreuses en cet anniversaire du Traité de Rome.


Les parangons de l'Union Européenne, celles et ceux qui ont joué les vertueux et ont fustigé tous ces méchants français, qui ont osé voter "non" au Référendum sur le Traité Constitutionnel, en succombant au populisme et au repli sur soi, nous gonflent désormais avec l'Identité Nationale, la Marseillaise, et l'étendard français. Mine de rien, ça me fait un bien fou, j'ai tout d'un coup moins honte d'expliquer que j'ai bien voté par conviction et non par repli communautaire (ça serait contradictoire d'ailleurs, j'aime le vin chilien), puisqu'il est désormais tenu par celles et ceux qui avaient choisi le « oui ».


En 2002, le débat avait été parasité par l'insécurité, en 2007, la boule puante dont l'odeur vient nous frétiller de plus en plus les narines, c'est la nation française. Ainsi, pour contrer le Ministère de l'immigration et de l'identité nationale voulue par le ploutocrate hongrois buveur de coca-light (on a vu meilleur comme identité nationale), la candidate de ce qui fut le Parti Socialiste fait entonner la Marseillaise par ses militants, et souhaite que tout foyer français possède son petit drapeau, à sortir pour chaque commémoration. Et dire que résigné et persuadé que de toutes manières il n'y avait pas 40 solutions je m'apprêtais dernièrement à voter au premier tour pour la candidate du Parti Socialiste!


Merci à toutes les adhérentes et tous les adhérents de ce parti d'avoir mis 5 ans à choisir une gourde incompétente libérale et désormais franchouillarde, dotée d'un programme dont tout le monde se fout, et en premier lieu les têtes pensantes et les portes voix de la campagne du Parti Socialiste! Vous m'avez remis dans le droit chemin! Dire que j'étais honteusement prêt à choisir les social traitres et ces pygmés de gardes blancs et que j'allais par là même arrêter de transformer les enfants en engrais!

 


Qu'on ne vienne pas me sortir l'argument fallacieux que la Marseillaise est un chant révolutionnaire français puis international, je doute fortement que les éléphant-es se soucient encore des bolcheviks qui sont morts en la chantant. Non, les imbéciles heureux qui sont nés quelques parts sont bien de retour, même s'ils ne sont jamais bien loin. Le Pen ne sera vraisemblablement pas au second tour, mais peu importe, il a déjà gagné, le nationalisme, le franchouillard, la peur de l'immigré et de l'Europe sont dans tous les esprits.

Reste cependant une question pour tous ces coquelets:

 

 


par Ben le Contestable publié dans : Le Grand Edito du Modeste Ben le Contestable
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Dimanche 4 mars 2007

Cette semaine, pour vous raconter un peu la vie estudiantine, j'ai du emprunter les transports en commun afin d'aller rejoindre une amie, pour que nous puissions réviser un peu les mathématiques, discipline maudite mais néanmoins nécessaire pour avoir l'immense privilège d'accéder à l'IUFM (Etablissement non moins maudit qui fournit les tortionnaires, de moins en moins nombreux, des bambins de France et de Navarre).


Comme nous sommes à Nice, j'ai eu largement le temps de contempler le paysage, en attendant que mon bus daigne pointer le bout de son capot, à cause des travaux du tramway, en retard pour la énième fois, du carnaval, et des divers problèmes de voirie qui  pourrissent la ville déjà rendue en piteux état par des années d'incompétence, des Medecin père et fils à Maître Peyrat. Et là, comble de l'horreur mondialisée, qui risque de faire frémir le Mammouth et son lectorat plus ou moins écarlate et mangeur d'enfant, voilà que je m'aperçois qu'une nouvelle variété de Coca-Cola, dite « zero » avait fait son apparition sur les panneaux publicitaires. Jusque là, il n'y a pas de quoi fouetter un félidé, à part dire que ça doit probablement être imbuvable, et qu'il s'agit d'un Coca Light destiné aux « vrais »hommes (bobo et metrosexuels certes, mais avec leur fierté masculine tout de même) qui auraient honte de boire du Coca Light, lui destiné aux bonnes femmes et aux pédés.


Certes, pas grand chose à dire, sauf que je me suis aperçu que l'Etat policier, en plus d'empêcher les fumeurs de cloper en rond, a désormais décidé de s'attaquer aux grignoteurs avec l'opération « Programme National Nutrition Santé ». En effet, à partir de maintenant, sur les campagnes de publicité pour les chips, soda, et autres aliments remplis d'acides gras polysaturés, vous aurez le droit à des petits encarts façon paquet à cigarette comme: « Pratiquez une activité physique régulière », « Mangez au moins 5 fruits et légumes par jour », ou « Evitez de grignoter entre les repas », avec en prime l'adresse du site intitulé Manger Bouger, dont je me ferai une joie de ne pas faire la promotion tant son vieux relent totalitaire me donne envie de vomir le Coca-Cola Zero que je n'ai pourtant pas consommé.


Dans quel état stérilisé, autoritaire, à la limite d'un fascisme moralisateur sommes nous arrivés?

Est-ce cela le libéralisme dont les politiques nous rabattent les oreilles, fût-il social ou libéral tout court, le droit d'avoir une économie libérée, et des moeurs de plus en plus remises en cause?

Ces parangons de la liberté économique ne seraient-ils donc que les descendants d'une bourgeoisie coincée du popotin?

 


Le manque de savoir vivre était arrivé au point de cracher sur le malheureux bonhomme qui osait s'en griller une à moins de 5 mètres d'intervalle, voilà maintenant qu'on va faire la chasse aux mangeurs de chipster. « Fumer tue », « Grignoter est mauvais pour la santé », « Pratiquer une activité sportive régulière améliore la santé », et pourquoi pas « Regarder le JT de TF1 fait voter à droite », « Péter provoque une fuite de méthane qui aggrave l'effet de serre », « Le vote utile est la seule solution » ou « Travailler plus pour gagner plus, après tout le travail c'est la liberté »?


Au delà du ridicule de la campagne, qui préfère dire aux gens de manger des fruits, plutôt que de se demander pourquoi ils ont des problèmes de fins de mois qui les obligent à acheter des aliments engraissant au hard discount du coin, il y a quand même un problème démocratique fondamental.


Est-ce à l'Etat de régler notre alimentation, nos vices et nos activités sportives?

Dans une société où l'on se doit paraît-il d'augmenter la durée de cotisation pour payer les retraites, pour cause d'allongement de la vie, l'Etat doit-il nous demander de rester en bonne santé, en se privant d'aliments malsains, de tabac, d'une sexualité libre et assumée, et de la joie d'un bon verre de whisky?

 


Vivre jusqu'à 100 ans, c'est déjà pas la joie dans les vingt dernières années, mais si c'est pour en plus avoir eu une jeunesse à la con à manger du fromage blanc 0% pendant qu'on se délecte d'une intervention de Nicolas Sarkozy sur la TNT, autant se suicider jeune, comme disait Desproges, au moins, on profitera de la mort.


C'est pourquoi, chères et cher camarades, je vous propose une révolution simple, pantouflarde, mais qui au moins est réaliste en plus d'être agréable à vivre. Ce soir, sortez les cacahuètes, la gnôle de grand-père, et proposez à vos jeunes voisins fumeurs de joints une soirée sado-masochiste avec des tenues en latex non biodégradable pour emmerder tous ces braves gens...



Et pendant ce temps là, chez les réacs du Front National, on fait la chasse aux signatures et aux homos.

par Ben le Contestable publié dans : Le Grand Edito du Modeste Ben le Contestable
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Dimanche 18 février 2007

La campagne avait bien commencé pour Jean Marie, la plupart des commentateurs se sont mis d'accord, si Le Pen ne peut pas se présenter faute de signature, cela serait une entorse à la démocratie.


Première nouvelle donc, les maires doivent signer en sa faveur pour lui permettre de se présenter, ce qui laisse un grand choix démocratique aux maires. Signe pour Jean Marie, ou tu es un ennemi de la démocratie, concept intéressant. S'ils n'ont ni le courage ni l'envie de signer pour lui, après tout, c'est leur problème. De plus, la non candidature d'un personnage d'une extrême droite répugnante (pleonasme), je ne vois personnellement pas en quoi cela serait un déni de démocratie, venant de la part d'une branche politique qui s'est toujours bien gardé de la défendre, que ce soit du côté fasciste tendance Je suis Partout, ou conservateur tendance Action Française et Charles Maurras (qui après tout, malgré sa haine viscérale du teuton, s'était bien réjoui de la mort de la « gueuze » une fois que les verts de gris ont franchi la frontière. On voit bien où sont les priorités de ces mouvements).

Il est vrai qu'il serait hautement démocratique que d'avoir au sein d'une élection quelqu'un qui a déclaré à la fin des années 80 que les «  Les sidaïques, en respirant du virus par tous les pores, mettent en cause l'équilibre de la nation » ou qui a été condamné en 1998 pour avoir dit qu'il croyait en l'inégalité des races, voire qui a déclaré plus récemment en 2004 que les français finiront par raser les murs, effrayés par l'invasion de millions de musulmans.


Désormais, dans une société en crise qui s'est habituée aux discours xenophobes et populistes, le bonhomme ne cesse pas d'essayer de paraître plus lisse. Pour cela, il envoie sa fille sur les plateaux télé. Plus présentable et moins sujette aux dérapages -contrôlés- de papa, elle n'en demeure pas moins produit d'un ancien poujadiste et tête pensante d'un mouvement dont l'odeur ressemble plus à une fosse septique qu'à un champs de lavande.

De plus, pour prouver qu'il n'est pas raciste, Jean Marie rappelle souvent qu'il fut le premier à faire élire à la députation un musulman, omettant de dire que lui aussi était poujadiste, qu'il a manqué de se faire flinguer par ses frères de confession du FLN et c'est lors d'un conflit entre son ami et quelques hargneux communistes que Jean Marie aurait perdu son oeil droit (avant de changer le bandeau pour le mettre sur l'oeil gauche et d'opter au final pour un oeil de verre plus élégant).

Bref, Jean Marie, maintenant, c'est plus léger et digeste, mais, Dieu merci, il reste encore quelques relents qui eux, comme la terre, ne mentent pas.

 


Nous avons pu le voir lors de son passage à l'emission populiste politique de TF1, celle où un panel de français choisi par des instituts de dictature de pensée de sondages posent des questions sans que les réponses des candidats ne soient contredites par un journaliste (ce qui nous permet d'avoir en France 50% de smicards au lieu de 17%, ou des retraités de plus en plus pauvres selon un ancien Ministre du budget et de l'économie dont la politesse m'interdit de prononcer le nom, mais il est, de petite taille, amateur de nettoyage à la vapeur, et vraisemblablement menteur sur les chiffres ou alors incompétent comme ministre).

Au cours de cette émission, Jean Marie a parlé de culture. Culture, non pas comme dans son journal de bord de campagne pour conseiller aux étudiants de lire l'Anthologie de la poésie grecque de Robert Brasillach, mais pour parler du Ministère de la Culture1. Il voudrait le supprimer, pour remettre en place un Ministère des Beaux Arts, méprisant visiblement la création contemporaine qu'il préfère laisser aux mécènes plutôt qu'à l'Etat, avec aucun journaliste en face pour lui parler de l'art décadent tant décrié pendant les plus sombres heures des non moins sombres régimes du XXème siècle.

Comme quoi, après tout, on ne renie pas sa race.



Et pendant ce temps là, à France Télévisions, mieux vaut castrer des noirs que de dire dans un amphi de Science Po qu'on a des sympathies pour Bayrou.

 

 

1. Hors de question de faire de la publicité pour son site, si vous en avez le courage, on y trouve ces interventions

par Ben le Contestable publié dans : Le Grand Edito du Modeste Ben le Contestable
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Dimanche 4 février 2007

 Ce dimanche, le blog du mammouth vous amène faire un tour sur un territoire hostile, là où la main de l'Homme n'a jamais mis le pied; un lieu sauvage, loin de toute réalité, où la nature a triomphé sur l'humain: le site internet de Nicolas Sarkozy.

Et, en tout premier lieu, voici une devinette qui vous tiendra en haleine tout le long de cet article. Peut-on acheter sur le site internet du candidat de l'UMP un tablier à l'effigie de ce dernier?

Maintenant que vous êtes autant troublé-es par cette question que les comptes de la mairie de Paris sous Jacques Chirac, nous pouvons commencer notre plongée dans cette jungle hostile et merveilleuse à la fois.


Première impression, le site de Sarkozy, c'est un peu comme le blog de Kim Jong Il (du moins s'il en avait un), on voit sa tête partout. Certes, il n'est pas encore Fils du Soleil, mais on sent quand même un certain culte de la personnalité. La première photo est prise d'ailleurs sur un fond de bibliothèque pour faire présidentiable, mais sans les médailles et les franfreluches qui vont avec la fonction. Ca, c'est pour l'image de chef de l'Etat. Deuxième photo, avec la chemise ouverte et le sourire coincé, ça, c'est pour montrer que ce n'est pas un monstre de droite mais bien un centriste qui s'ignore, tant il est vrai que dans son milieu naturel, le centriste déboutonne sa chemise et tombe la cravate. Enfin, il y a la photo du haut, celle à côté du compte à rebours avant les élections, avec le petit pull et sa fermeture éclair, pour faire jeune, mais sans la capuche, parce que là ça ferait trop jeune et qu'il faut quand même rassurer les petits vieux. Puis, sur la bannière principale, on trouve une colombe, pour montrer qu'en vrai, même s'il aime bien les karshers, ce qu'il "kiffe à donf" le Nicolas, c'est bien la paix pour les gens de bonne volonté.

 


Pour celles et ceux qui veulent encore plus de Sarkozy, il y a la NSTV, Nicolas Sarkozy Television (prononcez tilivijionne). Attention, pas la TVNS, la télévision de Nicolas Sarkozy, parce que là ça ferait moins moderne et plus franchouillard, et que de toutes façons, on a déjà le Service Public comme télévision française pour Nicolas Sarkozy. En plus, ici, la télé elle est interactive, alors que sur France Télévisions, c'est Arlette Chabot qui pose les questions pour les téléspectateurs. Prenons l'exemple des retraites, avec une jeune fille de 16 ans, tout ce qu'il y a de plus normal et de jeune puisqu'à 16 ans elle va dans un meeting politique, qu'elle est juste à côté de la tribune où Nicolas parle, et qu'elle se pose déjà la question de sa retraite et de celles de ses parents. Bref, elle est perplexe et se demande: vais-je la payer ou pourrai-je m'acheter le dernier écran HD Ready de chez Toshiba?

Nicolas Sarkozy lui répond, devant une autre bibliothèque que celle sus citée. Pour faire moderne, on utilise une camera DV, et on fait bouger le cameraman, pour que cela donne quelque chose de vivant, un peu comme les séries The Shield ou Les Experts car selon les responsables marketing de la communication du candidat UMP, les jeunes les regardent beaucoup et ces séries ont un fort taux de pénétration chez la ménagère (beurk c'est immonde).


En cliquant sur les menus du site, on peut retrouver une courte autobiographie rédigée par le candidat, l'occasion de voir qu'il a la mémoire courte.

«Je suis né à Paris il y a 52 ans, d'une mère française et d'un père qui a choisi la France lorsque son pays, la Hongrie, a été envahi par la Russie communiste. »

Non mon petit, il faut retourner à l'école, son pays n'a pas été « envahi » il a été « libéré », la Hongrie était du côté nazi pendant la guerre, de plus, ils avaient déclaré la guerre à la Russie en 1941. Le pays de ton papa en a d'ailleurs profité pour se débarasser de quelques 200.000 juifs. Après, les communistes l'ont effectivement occupé, mais je te rassure de suite, il fut un des premiers à quitter l'ancienne URSS.


« Je suis entré au gouvernement pour la première fois en 1993, comme ministre du budget et porte-parole du Premier ministre Edouard Balladur. Après la victoire de Jacques Chirac en 2002, je suis revenu au gouvernement comme ministre de l'intérieur, puis ministre des finances en 2004 »

C'est étrange, il y a un trou dans ton curriculum vitae entre 1995 et 2002, il est vrai que tu fus traître, que tu avais rallié Balladur pour les élections de 1995 et que c'était une petite erreur de calcul qui a fait que tu as du rester 7 ans au goulag, enfin dans un placard.


Enfin, si vous lui faites toujours confiance, vous pouvez devenir membre du « Club des Supporters » de Nicolas Sarkozy, et c'est du sérieux, ils ont même leur propre emblème, qui reprend d'ailleurs un peu les couleurs de l'OM, voilà qui ne va pas améliorer les relations du candidats avec certaines tribunes du Paris Saint Germain.



Heureusement, après toutes ces profondes lectures et ces débats passionants, l'équipe du candidat a prévu un petit espace détente, puisqu'il y a la boutique officielle du candidat Sarkozy!

Et je vais tout de suite répondre à ces interrogations, qui, je le sens bien, vous taraudent depuis le début! Oui! Mille fois oui! On peut bien acheter un tablier aux couleurs du candidat de l'UMP!

Et attention, ce n'est pas du Made in China, puisque l'on apprend que « Grâce à un astucieux système de serre taille, vous l'enfilez ou le retirez en un temps record ! » (le tablier, pas Nicolas) . Si en plus je vous dit qu'il est 100% coton, lavable en machine et qu'il ne coûte que la bagatelle de 24 euros TTC, vous vous demandez sûrement ce que vous faites encore sur ce blog, alors que vous pourriez dépenser votre argent sur cette boutique des « Amis de Nicolas Sarkozy ».


Et pendant ce temps là, sur Désir d'Avenir et au parti socialiste, toujours pas de boutiques, ce n'est pas comme ça qu'ils vont gagner!

par Ben le Contestable publié dans : Le Grand Edito du Modeste Ben le Contestable
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