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5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 18:26
Tests-ADN.jpgIl aurait pu dire cela le vindicatif et virulent  citoyen qui n'a pas voulu se laisser tripoter par Sarkozy au salon de l'Agriculture.

Mais comme il ne l'a pas dit, le Mammouth vous invite à aller voir ici, sur un site qui relaie une initiative citoyenne de Charlie-Hebdo et de SOS Racisme. Avec plus de  300 000 signatures!


Vous avez signé? Si non, c'est ici : http://www.touchepasamonadn.com/ 

Charlie Hebdo et SOS Racisme lancent la pétition contre les tests ADN.

En instaurant des tests ADN pour prouver une filiation dans le cadre d'un regroupement familial, l'amendement Mariani, adopté par l'Assemblée Nationale, fait entrer la génétique dans l'ère d'une utilisation non plus simplement médicale et judiciaire mais dorénavant dévolue au contrôle étatique.
Cette nouvelle donne pose trois séries de problèmes fondamentaux.


Tout d'abord, des problèmes d'ordre éthique. En effet, l'utilisation de tests ADN pour savoir si un enfant peut venir ou non rejoindre un parent en France pose d'emblée cette question : depuis quand la génétique va t'elle décider de qui a le droit ou non de s'établir sur un territoire ? Au-delà, depuis quand une famille devrait-elle se définir en termes génétiques ? Sont pères ou mères les personnes qui apportent amour, soin et éducation à ceux et celles qu'ils reconnaissent comme étant leurs enfants.

Ensuite, cet amendement fait voler en éclats le consensus précieux de la loi bioéthique qui éloignait les utilisations de la génétique contraires à notre idée de la civilisation et de la liberté.

Enfin, cet amendement s'inscrit dans un contexte de suspicion généralisée et récurrente envers les étrangers qui en vient désormais à menacer le vivre ensemble. Car tout le monde s'accorde à dire que la fraude au regroupement familial ne peut être que marginale au regard des chiffres d'enfants annuellement concernés et au regard de l'absence de raison substantielle qu'il y aurait à frauder dans ce domaine. En effet, quelle étrange raison pousserait les immigrés à faire venir massivement dans notre pays des enfants qu'ils sauraient ne pas être les leurs ? Autrement dit, l'amendement instaurant les tests ADN n'a pas pour fonction de lutter contre une fraude hypothétique mais bien de participer à cette vision des immigrés que nous récusons avec force.

Nous sommes donc face à un amendement qui, sur les plans éthique, scientifique et du vivre ensemble introduit des changements profondément négatifs. C'est pourquoi, nous, signataires de cette pétition, appelons le Président de la République et le Gouvernement à retirer cette disposition, sous peine de contribuer, en introduisant l'idée que l'on pourrait apporter une réponse biologique à une question politique, à briser durablement les conditions d'un débat démocratique, serein et constructif sur les questions liées à l'immigration.
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26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 08:39
undefinedLatran, Ryad, la Scientologie, le discours du CRIF : on ne compte plus les attaques répétées et non innocentes du Président de la République, chargé de défendre les institutions et grands principes républicains, contre la laïcité de l'état.
Visées communautaires, exacerbations des cultures religieuses, tout cela à un un but : diviser pour régner en s'appuyant sur ce que l'esprit a de plus rétrograde : le faut religieux.
On l'a peut-être oublié, mais la très catholique Boutin fait travailler un prêtre dans son ministère
Le dernier avatar du chanoine de Latran vient de tomber dans les rédactions : Sarkozy s'est fendu d'un message de félicitation  pour quatre diacres intégristes. Rappellons quand même que l'Eglise catholique intégriste a supporté les fascimes, semé l'antisémitisme et béni l'extrême-droite.

Aujourd'hui, Libération, consacre un dossier à Sarkozy et la laïcité et  s’associe à l’appel «Sauvegardons la laïcité de la République», lancé par la Ligue de l’enseignement, qui a déjà reçu plus de 100 000 signatures.

Le retour du religieux réveille la laïcité


«Sauvegardons la laïcité de la République»


Bréviaire, par Laurent Joffrin

Signer l'appel laïque



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8 février 2008 5 08 /02 /février /2008 18:36
Le Mammouth avait omis de mettre dans l'éphéméride la sinistre affaire de Charonne.
Ce qui n'est inexcusable car nous devons nous souvenir.

Un sinistre préfet collaborateur et déporteur s'y est illustré : Maurice Papon.

Petit rappel d'un côté noir de notre Histoire, un certain 8 février 1962.

Charonne.jpg


A l'appel du Parti communiste français et d'autres organisations de gauche, une manifestation est organisée le 8 février 1962, pour dénoncer les agissements de l'OAS ainsi que la guerre d'Algérie. Étant donné le contexte des plus tendus et l'état d'urgence décrété en avril 1961, cette manifestation est interdite. Le préfet donne l'ordre de réprimer cette manifestation. Les manifestants essayant de se réfugier dans la bouche de métro Charonne, qui avait été fermée, huit personnes décèdent étouffés ainsi qu'une neuvième à l'hôpital, des suites de ses blessures.

La suite sur Wikipédia



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6 février 2008 3 06 /02 /février /2008 08:13
undefinedSauvegardons la laïcité de la République

Les organisations et personnalités signataires rappellent solennellement que, selon l’article 1er de la Constitution, la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale.
Ces quatre termes indissociables définissent des principes qui s’imposent à tous, au premier rang desquels le Président de la République. Or, les déclarations récentes de Monsieur Sarkozy, mêlant ses convictions personnelles et sa fonction présidentielle, portent atteinte à la laïcité de la République.

La mise en cause de ce principe constitutionnel indispensable à la paix civile est inacceptable. Depuis 1905, grâce à la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat, la République assure à chaque citoyen la liberté de conscience, garantit sa liberté de croire ou de ne pas croire et de pratiquer le culte de son choix, de n’en pratiquer aucun ou de pouvoir en changer. Elle permet ainsi de vivre ensemble, dans le respect de chacun, quelles que soient ses origines, ses choix philosophiques  ou ses convictions religieuses.
Dans notre République et notre société multiculturelle, la diversité doit être richesse et non source de conflit. Pour cela, la laïcité, assurant l’égalité en droit des citoyens dans le respect des lois de la République, permet à la fois l’expression du pluralisme des convictions et la recherche de valeurs communes pour construire une communauté de destin.
Dans un monde aujourd’hui global et de plus en plus complexe, où se multiplient les voies d’accès à l’information et aux connaissances, et où explose la médiatisation  des événements et de la pluralité des représentations du monde, seule la laïcité permet l’émancipation de tous en favorisant le libre accès au savoir et à la culture et le discernement de chacun pour un libre choix de vie, par une démarche rationnelle et critique faisant toute  leur  place au doute, à l’imagination et à la créativité.
C’est pourquoi, les organisations et personnalités signataires s’opposeront à toute tentative qui mettrait, de fait, en cause la laïcité par une modification du contenu de la loi de 1905. A l’heure où nos concitoyens éprouvent des difficultés et des inquiétudes croissantes, elles les appellent à promouvoir la laïcité comme une exigence partagée avec la ferme volonté de bâtir ensemble une société où la justice sociale assurera, quotidiennement, pour toutes et pour tous, la liberté, l’égalité et la fraternité.

Signez la pétition 

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19 janvier 2008 6 19 /01 /janvier /2008 08:33
undefinedSarkozy, chanoine jésuite et réactionnaire peut se défendre d'arrières pensées, nous ne sommes pas dupes. Il est trop bon communicateur pour faire innocemment le bigot chez les curés et les mollahs.
Quand il a dit que Dieu était en chacun de nous, le Mammouth s'est livré à un examen appronfondi et a regardé partout en lui
. Y compris dans des endroits que la morale réprouve. Mais de Dieu il n'a point trouvé. Le Mammouth serait-il incomplet? ou encore le Mammouth ne serait-il donc plus citoyen de la France selon Sarkozy le chanoine? Ou serait-ce ce dernier qui ne serait déjà plus le président d'une vraie république laïque?
D'ailleurs, en proposant d'introduire les représentants des religions au Conseil Economique et Social. Dérive inquiétante, car chacun sait que chaque religion ne sait prêcher que pour sa chapelle.
Pour réfléchir à tout cela, une série de liens pour rappeler ce qui s'est passé et raporter les diverses réactions.

Pour mémoire :
le discours de Latran
Le discours de Ryad

Quand Sarkozy confond "Global warmind" et total crétinisme
. (Nouvel Obs)

Henri Guaino, le roquet de la sacristie.

Sarkozy franchit la ligne rouge (Marianne)

Quand Sarkozy se met au service de Dieu
(l'Huma)

La laïcité en ligne de mire. (l'Huma)

Sarkozy irrite les laïcs (le Devoir)

La laïcité selon Saint-Sarko (le Figaro)

Sarkozy persiste et signe (le Télégramme)

Sarkozy contre la laïcité à la française (le Journal chrétien)

Religion et laïcité, Sarkozy jette le trouble. (Ouest-France)


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11 janvier 2008 5 11 /01 /janvier /2008 08:03
undefinedEn ce début d’année 2008, c’est d’abord aux instituteurs de la République que la Ligue des droits de l’Homme tient à adresser ses vœux les plus solidaires. A ces instituteurs que le Président de la République, inconscient des devoirs de sa charge, a insultés dans l’homélie qu’il a prononcée le 20 décembre dernier comme « chanoine du Latran ».

 

Selon Nicolas Sarkozy, « dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance ».

 

Le monde est plein de « fous de Dieu » qui, portés par une « espérance » délirante, poussent leur « engagement » jusqu’à « la radicalité du sacrifice de leur vie »… et de centaines d’autres vies innocentes. Le tout au nom de « la différence entre le bien et le mal » et de la purification des âmes.

 

Qu’en tant qu’individu Monsieur Sarkozy mette ces valeurs au pinacle n’est qu’un signe de plus de son ancrage, derrière l’agitation d’une communication « décomplexée », dans les valeurs les plus traditionalistes de la société française.

 

Mais qu’en tant que Président de la République française il mette le curé au-dessus de l’instituteur comme responsable de « la transmission des valeurs », qu’il ignore à ce point ce que sont précisément les valeurs de la République qu’il est censé représenter, témoigne de l’ampleur de la crise politique et morale qu’aggrave son exercice de la fonction présidentielle.

 

L’article 1er de la Constitution définit la République française comme « laïque, démocratique et sociale ».

 

« Laïque », elle refuse le mélange entre convictions religieuses et exercice des responsabilités politiques.

 

« Démocratique », elle refuse la concentration des pouvoirs entre les mains d’un « Président-Soleil » entouré de « collaborateurs » et de courtisans.

 

« Sociale », elle refuse la juxtaposition d’un « bouclier fiscal » pour les plus riches et de la régression du « bouclier social » pour les plus pauvres.

 

Ce n’est pas seulement dans les jets privés, les yachts et au « Fouquet’s » que s’étale le mépris des privilégiés pour cette fameuse « France qui se lève tôt ». C’est aussi dans le cynisme avec lequel sont foulées aux pieds, jour après jour, les valeurs républicaines.

 

La LDH salue donc d’abord, aujourd’hui, ces instituteurs qui, à ses yeux, restent les mieux à même de transmettre le respect des valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité, de laïcité et de solidarité. Et elle souhaite que 2008 donne à tous les Français plus d’occasions qu’en 2007 de retrouver, face au spectacle que donne la représentation politique, confiance en l’avenir de la République.

 

Paris, le 3 janvier.

sarko-croix.jpg

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10 janvier 2008 4 10 /01 /janvier /2008 08:23
undefinedLe Mammouth fréquente peu le site de l'Elysée. il est trop mal fréquenté. On risque au détour d'un couloir d'y croiser un expulseur d'enfants, une catholique intégriste voir une ex -call-girl aphone. Mais, histoire de rire (jaune), il faut s'y rendre pour relire ou ou réentendre certains discours que les médias aux ordres se dépêchent de  ne pas commenter.  On se demande pourquoi!

On a envoyé cela au Mammouth : "Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s'il est important qu'il s'en approche, parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance".

Pour trouver l'intégralité de ce grand moment de trahison républicaine allez là :

Allocution de M. le Président de la République dans la salle de la signature du Palais de Latran

Plus que résister il va falloir se révolter!

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30 décembre 2007 7 30 /12 /décembre /2007 08:35
undefinedDepuis que Benoit XVI, le très réac "Panzer Pape" est installé à Rome, l'église fait un retour fulgurant vers le passé.

Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises car chaque jour qui passe amène son lot de décisions toutes aussi passéistes que les autres.

En ce moment, notre ratichon en chef redécouvre l'existence du Malin. Du Diable! De Satan! De Belzebuth! Car l'animal serait de retour, tapis à chaque coin de rue, prêt à sauter sur le premier pêcheur qui passe. Ou à squatter le corps de la première pêcheresse venue. Car à ce train-là des réfléxions vaticanes on va vite redécouvrir l'existence des sorcières.

Bref, le pape va faire un courrier aux évêques afin qu'ils recrutent dare-dare des exorcistes, prêts à intervenir en cas de contamination démoniaque aigüe. Une sorte de Samu évangélique, avec bouche-à-bouche spirituel et immersion dans une baignoire d'eau bénite pour chasser les démons.

On a pas fini de rigoler dans les diocèses! Imaginez des véhicules d'urgence, genre deux chevaux épiscopale avec clignotant pourpre et cantique comme sirène, se rendant sur les chapeaux de roue au secours d'une dame patronesse dont le Malin n'arrête pas de faire tourner le lait!

Il ne manquera plus que le recrutement d'un corps d'inquisiteurs pour cas désespérés et la boucle sera bouclée.

Bref, si vous voulez rire un peu, consultez l'article que Libé consacre à ce sujet brûlant :

"Le Pape décidé à lutter contre le Malin".



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15 décembre 2007 6 15 /12 /décembre /2007 09:44
bonnet-phrygien.jpgUne action de la Seine-Saint-Denis mais  valable aussi partout sur le territoire de cette néo-royauté sarkozyste.

Non au fichage généralisé de nos enfants!


Mobilisation contre l’utilisation du fichier base élèves dans les écoles : appel conjoint de la FSU, de la Ligue des Droits de l’Homme, de la FCPE, des DDEN, de la FOL, de la JPA et des CEMEA.

En Seine Saint-Denis, à l'initiative de la LDH et de la FSU, et avec le soutien de la FCPE, des DDEN, de la FOL, la JPA et des CEMEA, nous avons décidé d'interpeller tous les Maires du département pour qu'ils soumettent à leurs Conseils Municipaux, une motion visant à refuser l'implantation du fichier Bases élèves dans leur commune alors que ce nouveau fichier de contrôle social, aujourd’hui en expérimentation, doit être généralisé, sans bilan et sans débat devant la représentation nationale, sur tout le territoire national.
Ce fichage des jeunes, surtout après le vote de la loi dite prévention de la délinquance, est plus qu'inquiétant : la base comportera des données personnalisées qui n'ont rien à voir avec la réussite scolaire et conduira à ficher tous les enfants dès leur entrée à l'école maternell .
Bien naifs sont ceux qui pourraient penser qu'anonymer les données serait une garantie suffisante et que ce n'est que la continuité de ce qui était fait jusqu'à présent dans les collèges .
En effet, lors d'un groupe de travail à ce sujet, l'informaticien du Rectorat de Crétiel a stupéfait les chefs (et ex) d'établissement présents en lâchant que l'ancien logiciel utilisé pour les collèges et lycées (GEP), qui était sensé respecter l'anonymat des élèves , ne l'avait jamais fait : l 'identifiant était le nom et l'adresse du jeune !
Déjà des villes (comme par exemple Grenoble et Pau) se sont prononcées pour ne pas mettre en place ce système de gestion. Les communes de Seine Saint Denis doivent à leur tour se mobiliser.

Nous refusons la mise en place d’un fichier informatisé, centralisé et partageable.

 

L’expérimentation du fichier « base élèves » doit être arrêtée,

 

la phase de généralisation ne peut être poursuivie.


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4 décembre 2007 2 04 /12 /décembre /2007 08:04
bonnet-phrygien.jpgLe Mammouth a reçu ce long mais intéressant article. Carte d'identité, biométrie, fichage et rôle de la CNIL. Beaucoup de questions et des réponses pas vraiment encourageantes.
Des liens ont été ajoutés afin d'éclairicr le débat et d'expliquer des sigles.


Pour l'abolition de la carte d'identité sur Indymédia, sur  Bellaciao
Refus ADN
CNIL site officiel
CNIL Wikipédia
La biométrie s'infiltre dans l'ADN

Pour l'abolition de la carte d'identité

Depuis quatre ans se manifeste une opposition fragmentée et parcellaire aux pièces d'identité biométriques et électroniques, au fichage ADN, à la biométrie, aux RFID, à la vidéosurveillance, et récemment aux tests génétiques prévus par la loi sur l'immigration, ainsi qu'à l'interconnexion des données administratives (éducation nationale, police, Sécurité sociale, dossier médical, mairies, impôts, services sociaux, transports publics, etc.)

Rien ne sert de combattre ces nouveaux modes de contrôle - informatiques, biométriques, génétiques - si l'on n'en finit pas avec les registres et pièces d'identité imposés voici 500 ans par l'Etat, et qui en constituent
le modèle et la matrice. La CNIL n'étant qu'une agence de police déguisée.

- 1 - L'idée d'un titre d'identité unique court depuis la fin du XIXe siècle, mais la première carte d'identité française date de 1921 dans le département de la Seine. Après une initiative du ministre de l'Intérieur
socialiste Marx Dormoy en 1935, les autorités l'imposent nationalement pendant l'Occupation. En 1955, la carte d'identité est rétablie, facultative, pour contrôler les "Français musulmans d'Algérie". Moins de 150 ans après son institution, elle est dans les faits quasi obligatoire. Au Royaume-Uni, la carte d'identité arrivera en 2010, à ce jour elle n'existe pas.

Le projet de carte d'identité électronique, biométrique, lisible sans contact, sans doute obligatoire, est ressorti des cartons en 2005. 2008 sera l'année de sa réalisation. En 1980, la revue Terminal 19/84 s'est battue contre le perfectionnement de la carte d'identité car "la démocratie exige ce minimum irréductible qu'on puisse faire de faux papiers." Encore dans les mémoires, la guerre rappelait l'utilisation qu'un gouvernement peut faire des outils de police - face aux Juifs et aux opposants. L'argument reste lumineux après 25 ans de propagande sécuritaire : mise en danger par l'existence même d'une police, toute opposition au pouvoir est impossible si cette police est infaillible.

Il ne suffit pas de contester l'informatisation de la carte d'identité. C'est son principe qu'il faut refuser. La carte d'identité est la négation pratique de la présomption d'innocence. Chacun est suspect. Il suffit de refuser un contrôle d'identité ou le fichage génétique pour devenir coupable. La carte d'identité généralise la présomption de culpabilité.

Les mafias fabriqueront toujours de faux papiers. Comme il y aura toujours des ogres et des tueurs, boucs émissaires offerts au sadisme des honnêtes gens. Multiplier policiers, caméras et fichages ne supprimera jamais ces réprouvés, mais réduit l'ensemble de la société à la liberté surveillée. Mettre ceux qui "n'ont rien à se reprocher" dans une prison à ciel ouvert pour les protéger des criminels est absurde. Mieux vaut des assassins en liberté qu'une population entière sous surveillance.

S'opposer à la biométrie et aux tests ADN, c'est exiger la présomption d'innocence, donc l'abolition de la carte d'identité.

- 2 - Pour attribuer une carte d'identité, on consulte les registres d'état civil. Ces fichiers et pièces d'identité reposent sur le même principe policier de suspicion. Ils matérialisent notre assujettissement à l'Etat.

En 1539, François 1er impose la tenue des registres de baptêmes et décès pour renforcer l'emprise royale sur ses sujets (ordonnance de Villers-Côtterets). Depuis, notre sujétion n'a fait que s'accroître avec l'Etat. Consignés dans ses registres d'inventaire, nous ne sommes que ses possessions. Les objets ont des étiquettes ; les citoyens ont leur carte d'identité, à l'étranger leur passeport. Délicatesse : on nous a adjoint un numéro personnel, pour nous mobiliser en temps de guerre et nous soigner en temps de paix. Nous l'aurait-on tatoué que ç'aurait été plus clair.

Il n'y a pas de bon fichier. L'objet de tous les fichiers est de surveiller la population, tenue pour suspecte. À quoi bon soumettre les soins médicaux, considérés comme un droit inconditionnel, à l'inscription dans un fichier central et à la détention d'une carte informatisée ? Le numéro de Sécurité sociale ne sert que pour les 30 % non pris en charge (le tiers payant), couverts par les mutuelles. Établissons la gratuité des soins, et le numéro de Sécu devient inutile. Ou peut-être serait-il plus simple de supprimer les nuisances qui créent nos conditions de vie pathogènes : alimentation dégradée, amiante, pesticides, etc.

Tous les fichiers sont policiers. En 1974, le projet SAFARI d'interconnexion des fichiers par le numéro de Sécurité sociale scandalise. SAFARI ne concerne pourtant que l'administration (INSEE, impôts, banques, assurances, etc). Etat-Providence ou Etat policier, la volonté d'identifier les individus, la constitution de n'importe quel fichier - même sous de nobles prétextes - révèle l'administration comme police, science de la gestion (du latin politia, "art de gouverner la cité").

Refuser l'interconnexion des fichiers, c'est refuser l'identification policière, donc exiger l'abolition de tout fichier.

- 3 - Toute la mission de la CNIL (Commission Nationale Informatique et Liberté), créée en 1978, en réaction à la contestation du projet SAFARI, consiste à légaliser l'existence et l'usage du NIR (Numéro INSEE d'inscription au répertoire) à l'âge informatique, et à promettre aux jobards que tout abus supplémentaire restera illicite, tant qu'il ne sera pas régularisé. Quel soulagement de songer que le croisement des 400 fichiers où figure un Français moyen ne dépend que d'un vote parlementaire. Ou que les fichiers de police prospèrent dans l'illégalité, jusqu'à ce qu'un décret en réglemente l'usage, ce qui pour le NIR advint 41 ans après sa création, le 22 janvier 1982.

Ainsi la CNIL approuve-t-elle, le 25 novembre 1997, un premier recoupement de fichiers, via la mise en réseau d'ordinateurs par le logiciel ANIS. Elle rend le 24 novembre 1998 un avis favorable à l'instauration du Système de traitement des infractions constatées (STIC). Elle laisse, depuis 1999, les services des impôts consulter le Numéro d'inscription au répertoire, pour traquer les fraudeurs dans les bases de données. Elle ne rend plus d'avis depuis juillet 2004, à l'initiative d'Alex Türk, son président divers droite, sur la création de fichiers d'Etat (sûreté de l'Etat, Défense, sécurité publique). Elle continue cependant de faire "des propositions d'améliorations" des fichiers de police et de gendarmerie, légalisant ceux qui étaient illégaux. Elle applique la "proportionnalité des moyens", expliquant aux policiers quels outils utiliser au mieux, dans les limites admises par l'opinion.

En 2005, la CNIL déclare que "les Français devront accepter un affaiblissement des libertés individuelles afin de renforcer la sécurité collective" et approuve de nouvelles mesures sécuritaires au nom de la lutte anti-terroriste.

En 2006, Le Monde (15/11/2006), nous apprend que le Numéro d'inscription au répertoire pourrait devenir la clé d'accès au futur Dossier médical personnalisé (DMP), avec la bienveillance d'Alex Türk. Au Portugal, la constitution interdit le principe d'un numéro d'identification unique.

En 2007, ce sont deux députés membres de la CNIL qui proposent au Parlement l'autorisation des "statistiques ethniques".

C'est à la CNIL qu'il faut s'adresser pour savoir si l'on figure dans tel fichier, et rectifier, le cas échéant, les informations qui s'y trouvent. Largesse policière qui permet aux espionnés de concourir à leur espionnage. Encore ce droit est-il facultatif. Si le service concerné estime que l'accès à votre dossier peut nuire à la sûreté de l'Etat, à la Défense ou à la sécurité publique, il vous est refusé.

Encadrant le FNAEG (Fichier national automatisé des empreintes génétiques), comme des milliers d'autres fichiers, la CNIL veille, comme les médecins dans les unités de torture modernes, à ce qu'on ne vous lèse pas au-delà du règlement. Cependant, elle constitue sous son contrôle exclusif un fichier des fichiers, auquel elle a seule accès, et qu'elle pourra, le temps venu, unifier en un seul fichier : le fichier total.

L'impayable, c'est de voir les tenanciers de la conscience civique (journalistes, avocats, universitaires), faire mine de prendre au sérieux la fonction protectrice de la CNIL, déplorer la faiblesse de son budget, de ses effectifs, de ses pouvoirs. Comme si cet organe administratif, avec ses 17 membres choisis par les grands élus et les grands commis de l'Etat, placé sous l'autorité du gouvernement, n'était pas celui-là même qui préfigurait le mieux la société de surveillance.

Les uns entretiennent l'illusion d'une CNIL médiatrice parce qu'ils croient que cela vaut mieux que rien, les autres pour ne pas désespérer les citoyens, les derniers pour amadouer le monstre ; et tous pour sauver la face. Mais la CNIL est plus l'agence de développement du contrôle policier que l'agence de contrôle du développement policier. Et toute contestation de la surveillance requiert d'abord son abolition, afin que
celle-ci paraisse dans toute sa crudité.

Les partisans d'un contrôle citoyen, qui refusent "le fichage pour tous" sans réclamer l'abolition de tout fichage, participent à la mystification de la CNIL. Le contrôle n'est pas un ensemble de dispositifs neutres qu'on pourrait maîtriser ou dont on pourrait individuellement s'extraire. C'est un rapport social médiatisé par des dispositifs. Il faut abolir les rapports sociaux dont la carte d'identité est le produit.

Carte d'identité, numéro de Sécurité sociale, état civil : la "gestion" technicienne et policière des individus comme objets de l'Etat supprime les rapports humains, donc la politique. La CNIL applique la même logique gestionnaire, dépolitisant et neutralisant les oppositions au contrôle. Il faut bâtir un mouvement politique anti-gestionnaire.

Abolition de la carte d'identité, de tous les fichiers et de la CNIL. Mouvement pour l'abolition de la carte d'identité (MACI) Novembre 2007

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