Le Mammouth, depuis 2003, refuse cette société-là et charge tous les ultralibéraux et fascistes, de Manche et de Navarre.
La Gauche n'existe plus.
La gauche n’’est plus qu’’un immense champ de ruines. Ruines des socialistes, ruines des héritiers du léninisme. Echec total. Ni les uns, ni les autres n’’ont été capables d’’offrir une résistance crédible à la mondialisation, un projet politique global qui nécessitait une riposte de gauche globale.
Les socialistes, contaminés par les idées chrétiennes-démocrates de la 2e gauche, ont accompagné, voire accéléré la mondialisation. Ils ont accepté que l’’injustice et l’’exploitation s’’apparentent à l’ordre naturel des choses. Ils sont presque toujours à l’origine, en France comme en Europe, des principales décisions qui ont fait avancer la mondialisation. Ce n’’est pas un hasard si c’’est un des leurs qui dirige l’’Organisation Mondiale du Commerce, instrument tout puissant de la dérégulation mondiale. Le PS français, une fois acquis le principe d’’une économie de marché dérégulée, s’’est réduit à une machine à offrir des possibilités de carrière.
Les pratiques décidées par l’’appareil du PCF en 2006 (imposer sa volonté partout même quand on est minoritaire, créer des « collectifs » de toutes pièces composés exclusivement de militants PCF, diaboliser ceux qui sont d’’un avis différent, etc,) prouvent que ce parti n’’a pas changé. Les prétextes de moins en moins crédibles avancés par la LCR n’ont pas suffi pour dissimuler son désir -bien médiocre au regard des enjeux- de compétition avec les frères ennemis du PCF. Ces deux partis ont montré qu’’ils n’ont rien compris aux leçons de l’Histoire. En particulier qu’’un vrai rassemblement ne peut se réduire à un ralliement. Pétris de sectarisme, pétrifiés dans des théories obsolètes et inaptes à la moindre mutation, ils ont été incapables de trouver la parade efficace à cette phase globale, dérégulatrice et financiarisée, du capitalisme qu’’on appelle mondialisation.
Les uns se laissent prendre au piège du discours sur la modernité, comme si l’’injustice et l’’exploitation n’’étaient pas des phénomènes éternels. _ « Moderniser le socialisme » annoncent-ils. Comme si c’était ringard de tendre vers plus d’’égalité, plus de justice pour tous. Les autres sont incapables de sortir de théories et de pratiques qui appartiennent à une culture politique morte. Il n’’en reste qu’’un langage stéréotypé qui ne trompe plus personne.
Le mot « gauche » n’’est plus qu’’une étiquette sur du vide. Il ne signifie plus rien dans les faits. « La gauche est un rêve qui se rêve et qui ne se réalise jamais » constatait Malraux. C’’est bien plus vrai aujourd’’hui que lorsqu’’il le déplorait. A nous de le démentir. Ne nous résignons pas à ce que le mot « gauche » appartienne désormais à la nostalgie.
Sanctionner l'échec d'une démarche
Je suis de ceux qui pensent qu’’au pays de l’’espérance, il n’’y a jamais de crépuscule. Avec Jaurès, je suis convaincu que « l’’Histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements ; mais elle justifie l’’indicible espoir. ».
Le champ de ruines qu’’est aujourd’’hui la gauche offre une opportunité : construire une gauche nouvelle.
Décembre 2006 a sonné le glas d’’un terrible échec : celui de « l’’Appel pour un rassemblement antilibéral de gauche et des candidatures communes ». Ce qui a été tenté à la fois sur la stratégie et sur le contenu est désormais obsolète. Les CUAL du départ, victimes d’’infiltrations et de manipulations, ont perdu leur principale raison d’’être. Quant aux dizaines de faux CUAL, créés de toutes pièces par le PCF, ils demeurent ce qu’’ils ont été le temps de nuire : des sections rebaptisées du PCF. Les concessions énormes consenties pour préserver les chances d’’une unité tant désirée ne s’’imposent plus. Il ne peut plus être question de privilégier des « ambitions et des stratégies » qui font de nous les otages des appareils. Il ne peut plus être question d’’accepter la contrainte de « 125 propositions » qui nous ont obligés, pour prix de l’’unité, à concéder sur le productivisme, sur les OGM, sur les nanotechnologies, sur la démocratisation des collectivités territoriales, sur le nucléaire civil et militaire, sur l’’OTAN, sur l’’Europe.
Construire une gauche nouvelle implique que nous soyons libérés des contraintes acceptées et des concessions consenties en échange d’’une unité qui nous a été refusée. Nous ne sommes plus liés par ce contrat qui fut un marché de dupes.
Pourtant, ce n’’est pas acquis. Parmi nous, certains se préparent à mettre l’’épisode douloureux des présidentielles et des législatives entre parenthèses et veulent que nous fassions comme si rien ne s’’était passé. Privilégiant des projets personnels de carrière qui les aliènent aux appareils et/ou pénétrés d’’une culture politique qui les rend incapables de concevoir l’’action politique autrement qu’’au travers de négociations d’’appareils, incapables de concevoir l’’unité du peuple de gauche en dehors de cartels de structures qui confisquent la démocratie, ils vont tenter de nous enfermer de nouveau dans un scénario qui a pourtant échoué.
Dans un vocabulaire usé jusqu’à la corde, ils nous annoncent leur volonté de procéder à une « refondation unitaire de la gauche antilibérale ». Ce sont les fossoyeurs de toute espérance. Ce sont les mêmes qui n’’ont jamais réussi qu’’à privilégier leur carrière et entretenir leur coterie, leur statut d’’apparatchik, leurs impuissances successives et cumulées à changer la vie. Au nom de leurs échecs, ils entendent nous dicter leur façon de faire. Ils ont failli. Qu’’ils s’écartent. Nos objectifs valent mieux que leurs intrigues.