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Le Mammouth, depuis 2003, refuse cette société-là et charge tous les ultralibéraux et fascistes, de Manche et de Navarre.

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Pour une gauche nouvelle, de Raoul-Marc Jennar (5 & 6)

Logo-alter.jpg4 Demain commence aujourd'hui
Nous sommes des dizaines de milliers. Les femmes et les hommes qui militent sans appartenir à un parti et qui ont soutenu José Bové et les candidat(e)s de la « Gauche alternative 2007 » portent l’’espoir d’’une gauche nouvelle.
Nous ne sommes pas seuls. Des femmes et des hommes de qualité ont courageusement exprimé leur lucidité sur l’’aveuglement de leurs propres appareils et se sont mis en dissidence pour privilégier la seule unité qui compte : celle qui se réalise à la base, par la base.
Notre volonté de fonder une gauche nouvelle en dehors de la culture d’’appareil nous fait devoir de souligner le courage de celles et ceux qui s’’en sont libérés.

L’’appel à l’’insurrection électorale du 1 février 2007 est l’’acte fondateur d’’une démarche qui s’’est prolongée pendant la campagne des législatives et qui doit, dès maintenant, se poursuivre. Du 1er février au 10 juin, nous avons répété inlassablement notre volonté de construire une gauche nouvelle. Dans un contexte particulièrement difficile dont nous ne sommes pas responsables, mais également avec de multiples erreurs dont nous portons la responsabilité, nous avons cependant rencontré un soutien réel. Certes, ce soutien est modeste, mais il constitue une base de départ suffisante.
Il nous faut maintenant faire vivre l’’espérance suscitée, donner corps à nos ambitions. Mais il faut le faire avec la conscience aiguë de la responsabilité qui est la nôtre et de l’’immensité du défi que nous avons à relever. Cela ne peut se faire dans le cadre de cercles étroits de prétendus spécialistes le plus souvent autoproclamés. Cela ne peut se faire dans la précipitation.
Pendant cet été, il faut que partout, dans tous les coins de France, parmi toutes les composantes de ce peuple multiple et divers qu’’est le peuple de gauche, se réunissent celles et ceux qui se sont impliqués depuis le 1er février. Déjà, plusieurs rassemblements de ce genre sont annoncés. Il faut les multiplier afin qu’ils se tiennent au plus proche des gens et échappent ainsi aux manipulations et aux récupérations des tenants de la culture d’’appareil.
Que partout, des petits groupes réfléchissent à deux questions essentielles :
Quelles sont les valeurs fondamentales qui nous rassemblent ?
Quel outil politique faut-il forger pour les porter, les promouvoir et les faire triompher ?
Il nous incombe de vérifier ce que nous avons en commun qui ne peut résulter de compromis et qui ne pourra faire l’’objet de concessions. Ce sont les fondations. Elles doivent être solides, c’’est-à-dire qu’elles ne peuvent souffrir d’’ambiguïtés. Elles sont la garantie d’’une confiance durable entre nous.
Travailler sur l’’outil qui portera nos fondamentaux représente l’’autre défi majeur. Nous devons éviter les erreurs des appareils. Comment agir ensemble dans l’’espace public dans une forme d’’organisation en prise avec les attentes de participation et de codécision d’aujourd’hui ? Cette question est cardinale. Elle ne peut être bâclée. Elle exige de la créativité et de l’’imagination.
Si des dizaines de groupes locaux réfléchissent à ces deux questions, avancent des éléments de réponse, cet été nous aura apporté une belle moisson. Nous serons équipés pour affronter ces assises d’’automne qu’’on nous annonce. Nous serons en capacité d’’écarter ceux dont la pensée s’’est arrêtée en 1917 et qui préparent notre retour sous le joug des vieux appareils avec leurs vieux discours et leurs vieilles recettes qui conduisent toujours aux mêmes échecs.

5 Se rassembler autour de nos fondamentaux.
Un projet politique fondateur s’appuie sur des valeurs fondamentales qu’’on partage ou qu’’on rejette, mais qui ne peuvent souffrir de compromis.
Pour nous, ces valeurs s’inscrivent dans une vision du monde que résume parfaitement la triple exigence de liberté, d’’égalité et de fraternité. Ces valeurs impliquent un refus de l’’exploitation des humains par d’autres humains. Ces valeurs intègrent totalement le rapport de l’’être humain avec son environnement. Mais énoncer des valeurs est sans effet si, en même temps, on ne formule pas les réponses aux questions que pose aujourd’hui le respect de ces valeurs. Ces questions sont autant de défis. Il nous faut donc les identifier. Et, sans s’’embarrasser des mots et des expressions fétiches qui génèrent les crispations, formuler les réponses pertinentes pour ce début de XXIe siècle.
Si, pour la social-démocratie, être moderne signifie accepter le capitalisme comme l’’ordre naturel des choses, pour nous, être moderne, c’’est répondre à des défis qui passent par une remise en cause du capitalisme et de ses effets.
Il est un défi permanent qui remonte à la nuit des temps : celui de l’’inégalité. Il y a eu et il y a plus que jamais des exploiteurs et des exploités. Aujourd’’hui, comme jamais auparavant, nous disposons des moyens et des ressources pour vaincre l’’inégalité. Mais les formes de la servitude n’ont jamais été aussi sophistiquées qu’’aujourd’hui. Etre moderne, c’’est-à-dire être en prise avec les problèmes de son temps, doit signifier pour nous que cette situation intolérable ne peut plus être tolérée, que l’’égalité, c’’est plus que l’’égalité des chances, c’’est l’’égalité des conditions d’’existence qui offre des chances égales à tous, dès la plus petite enfance, compte tenu des potentialités de chacun.
Il y a un défi nouveau, mais d’’une ampleur considérable : la relation de l’’humain avec son environnement.
Pendant des siècles, dominer les éléments naturels fut un objectif majeur. Il exonérait de toute responsabilité ceux dont la course au profit s’’accompagnait de déprédations en tous genres. Nous avons atteint cet objectif à un point tel qu’aujourd’’hui les équilibres sont rompus, les espèces disparaissent, la planète, telle qu’elle s’’organisait depuis que l’’humain est apparu jusqu’’aux débuts de la révolution industrielle, est en passe de disparaître sans qu’on connaisse exactement les conditions de survie de l’’espèce humaine dans un environnement totalement modifié. Etre moderne, c’’est restaurer d’’urgence l’ordre naturel que nous nous employons à détruire depuis un bon siècle.
Il y a un autre défi qui s’’ajoute à celui de l’inégalité et à celui de l’’environnement, c’’est celui de notre mode de vie. Comment ceux qui ont assez vivent-ils ?
En quoi ce mode de vie est-il rendu possible grâce à la permanence du mode de vie de ceux qui, chez nous comme dans les pays du Sud, n’’ont pas assez ? En quoi le mode de vie de ceux qui ont assez contribue-t-il à la destruction de la planète ? Il nous faut questionner les finalités de la production ; il nous faut questionner la finalité des échanges commerciaux ; il nous faut questionner les finalités de la consommation. _ Etre moderne, c’’est inventer des formes nouvelles de production, d’’échange et de consommation. Des alternatives sont expérimentées déjà et en grand nombre. Il faut s’’en inspirer.
Il y a un défi toujours renouvelé : celui de la démocratie.
La France est un des pays les moins démocratiques des pays de l’’Union européenne. Nous devons mettre en place des instituions qui diffusent le pouvoir à chaque niveau pertinent, qui mettent à chacun de ces niveaux les contre-pouvoirs efficaces, qui organisent la transparence de tous les actes de chaque niveau de pouvoir, qui limitent la délégation et privilégient la participation et la démocratie directe. Mais nous avons aussi besoin d’’une République qui consacre les droits collectifs fondamentaux et rende leur exercice accessible à tous, de la même manière. Des principes énoncés en 1793 (le caractère inaliénable de la propriété collective comme complément indispensable à la propriété individuelle, la révocabilité des élus, le droit au soulèvement contre des lois injustes) doivent être actualisés. Les conditions d’une presse pluraliste totalement indépendante des pouvoirs politiques et économiques doivent être créées. Etre moderne, ce n’’est pas changer de République, mais changer la République.
Il y a un défi que nous impose la transformation du monde en maison commune. Du local au mondial, comment préserver les diversités ? Du village à l’ONU, comment respecter les souverainetés ? Comment éviter que la superposition d’institutions qui font éclater les frontières issues d’une Histoire souvent meurtrière se transforme en une aliénation massive à des autorités sans légitimité, sans contre-pouvoirs, sans contrôle et toujours au service des plus puissants ?
Etre moderne, c’’est à la fois être citoyen-souverain dans son village, dans sa région, dans son pays, dans l’’Europe et dans le monde et combattre toutes les institutions qui altèrent cette souveraineté.
Un autre défi est celui de la mondialisation, c’’est-à-dire la forme présente du capitalisme qui se caractérise par une financiarisation de l’’économie et une dérégulation massive. Au nom du libéralisme économique, cette mondialisation remet en cause même les acquis du libéralisme politique. Elle érige la compétition, la concurrence en ordre naturel des rapports humains et des rapports sociaux.
Contrairement à ce que les élites politico-médiatiques s’’emploient à nous convaincre, il ne s’’agit pas d’’une fatalité. Il s’’agit d’’un choix délibéré de nos gouvernants de droite, mais également de gauche dans la mesure où le mot gauche désigne les sociaux-libéraux. Etre moderne, c’’est refuser d’ériger l’économie de marché dérégulée et financiarisée en modèle incontournable, c’’est refuser d’’imposer au monde une loi du marché qui ne profite qu’’à quelques-uns, c’’est reprendre le contrôle de l’’économie pour la mettre au service des peuples. Etre moderne face à la mondialisation, ce n’est pas déréguler, mais au contraire imposer des règles éthiques, fiscales et sociales aux acteurs financiers, économiques et commerciaux et se doter des moyens de les faire respecter.
Enfin, étroitement lié à ce qui précède au point qu’’on peut se demander s’’il s’’agit d’’un préalable ou d’’une conséquence, se pose la question de la finalité de nos vies et tout ce qui en découle. Comment et à quoi occuper le temps qui nous est donné à vivre ? Comment, dans la liberté de chacun, favoriser l’’émancipation et l’’épanouissement de tous ? Quelle place le travail doit-il occuper dans nos vies ? Quelle valeur et quelle fonction faut-il lui accorder ? A quoi et comment consacrer le temps hors travail ? Questions majeures quand on sait que les idéologies qui prétendaient au plus grand épanouissement individuel ou à la plus grande émancipation collective furent, jusqu’à l’horreur absolue, les plus asservissantes. Etre moderne, c’’est libérer les humains de tout ce qui les conditionne, à commencer par le bourrage de crâne médiatique et publicitaire qui a remplacé, en efficacité, la propagande de la droite.
Il nous appartient de vérifier si nous partageons les mêmes analyses sur ces valeurs fondamentales de telle sorte que notre socle commun génère la confiance qui doit nous rassembler. Il s’agit de questions qui ne peuvent faire l’objet de compromis entre nous comme elles ne pourront faire, par la suite, l’’objet de concessions de notre part. Ne peuvent se rassembler autour de ces valeurs que celles et ceux qui les partagent totalement. Indépendamment du fait qu’ils soient ou non membres d’un parti ou d’un mouvement dit de gauche.

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