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Le Mammouth, depuis 2003, refuse cette société-là et charge tous les ultralibéraux et fascistes, de Manche et de Navarre.

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Pour une nouvelle gauche, par Raoul-Marc Jennar ( fin)

Logo-alter.jpg6 Forger l'outil de nos ambitions
Un de mes maîtres à l’Université m’’a enseigné que « les partis sont des instruments d’’action en raison du but qu’’on poursuit et non des tribus auxquelles il faut être fidèle jusqu’’à la mort et de génération en génération. »
Cette observation, vieille de près d’’un demi siècle, n’’a pas pris une ride. Elle est même plus pertinente que jamais. Un parti ne peut être qu’’un outil. Pas une fin en soi.

Les partis tels qu’’ils sont organisés et tels qu’’ils fonctionnent aujourd’’hui sont nés pendant la deuxième moitié du 19e siècle, à l’’époque du vote censitaire, alors que n’’existait pas l’’instruction obligatoire. Sont-ils encore l’’outil le plus démocratique qui soit ? Ne contribuent-ils pas à la crise de la démocratie ? Comment faire mieux ?
Ce sont des questions que nous devons examiner avec minutie. Avec précaution aussi, tant il est vrai que très souvent les partisans de l’’ordre et des régimes autoritaires ont pris pour cible la démocratie par délégation qui est le mode de fonctionnement des partis comme celui du parlementarisme. Avec lucidité enfin, car ce sont très souvent ceux qui se nourrissent d’’un système qui contestent sa remise en question.
Soyons de bon compte et reconnaissons que notre démocratie est enrayée parce que le principe de la délégation a débouché sur une confiscation de la démocratie elle-même. Les défenseurs de la démocratie partidaire invoquent la légitimité démocratique des partis. Mais où se trouve la démocratie lorsque, sur 44 millions d’électrices et d’électeurs, le choix des candidat(e)s soumis(e)s au suffrage universel est le fait exclusif des membres des partis soit, tous confondus, environ 1,5 % de l’’électorat ?
Le modèle- d’’origine militaire- d’’organisation pyramidale hiérarchisée qui caractérise les partis politiques d’’aujourd’’hui confère à des groupes de plus en plus restreints de personnes des pouvoirs considérables. Le principe de la délégation qui permet le fonctionnement de ce modèle a été à ce point étendu qu’’on éprouve de plus en plus souvent des difficultés à conférer un caractère démocratique à certaines instances. Il en va ainsi, par exemple, du bureau exécutif des partis. Il en va de même de la Commission européenne. Car, et c’’est bien là un des dangers d’’un système qui reproduit ses propres pratiques, les partis génèrent des institutions à leur image.
En un mot comme en cent, au nom de la démocratie, on peut et on doit questionner aujourd’hui l’’organisation, le fonctionnement et le rôle des partis politiques. D’autres que nous, comme par exemple les Verts, l’’ont fait. Avec beaucoup de bonne foi et d’’idéal. Ils voulaient « faire de la politique autrement ». Il nous faut soigneusement étudier les raisons de leur échec. Pour ne pas le connaître à notre tour.
Après plus de cent ans d’’instruction obligatoire, avec le suffrage universel, les citoyennes et les citoyens aspirent à autre chose que de signer un chèque en blanc à des délégués dans un parti ou à des élus dans la commune, le département, la région, le pays ou l’’Europe.
La politique n’’est plus acceptée comme l’’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde, même si de très nombreux acteurs politiques agissent encore comme s’’il en allait ainsi. Il y a un intense besoin d’’une information complète et donc de transparence sur les choix et la manière dont ils sont pris. Il y a un intense besoin d’être associé à l’’élaboration de ces choix et donc de participation. Il y a un intense besoin d’’être décideur et donc de démocratie directe. Ce sont ces attentes auxquelles il nous faut répondre en forgeant le nouvel outil politique qui portera les ambitions de la gauche nouvelle.
Il n’y a pas de modèle. Tout est à inventer. Même si le mouvement altermondialiste nous a fourni beaucoup d’’exemples concrets du caractère démocratique et de l’’efficacité du travail en réseaux, cette source d’’inspiration n’’apporte pas toutes les réponses. Nous sommes devant une page presque blanche. Nous devons inventer. N’’est-il pas de plus belle cause ?

7 Un nouveau rendez-vous à ne pas manquer

Un rendez-vous majeur avec l’’Histoire a été manqué en décembre 2006.
Nous ne portons aucune responsabilité dans l’’échec de la démarche unitaire.
Dans un mode plus modeste, celui des commencements, des aubes qui se lèvent, nous sommes par contre totalement responsables de l’’avenir que nous allons donner à la dynamique portée à partir du 1er février par des milliers de femmes et d’hommes hors des appareils ou qui en ont refusé la logique.
Certains, qui avaient joué un rôle dans la configuration unitaire de l’Appel du 11 mai 2006, veulent tuer dans l’Œ’œuf notre démarche parce que, pour eux, rien ne peut se concevoir en dehors d’’un cartel d’’appareils.
D’’emblée, ils désignent notre projet comme la création d’’une « nouvelle petite organisation politique ». Incapables, intellectuellement, de concevoir de nouvelles formes d’’action politique collective, incapables, politiquement, d’’accepter que des femmes et des hommes sans appartenance à un parti -les plus nombreux dans notre société - puissent constituer un courant politique qui soit autre chose qu’’un groupuscule, ils utilisent le vieux chantage à l’’unité en nous désignant comme diviseurs d’’une unité qu’ils ont été incapables de faire aboutir.
L’’unité est notre ambition. Mais c’’est une ambition trop nécessaire pour qu’elle soit confiée à ceux qui l’’ont tuée en 2006. C’’est une ambition trop belle pour qu’elle soit laissée à ceux dont le goût du pouvoir - fut-il celui de leader d’une coterie- ou les appétits de carrière (les municipales sont proches) constituent la seule véritable motivation.
Nous saisissons l’’occasion qui nous est donnée par le champ de ruines que représente aujourd’’hui ce qu’’on a appelé la gauche pour construire une gauche nouvelle. Sur des bases différentes. A partir des gens. Les rencontres de cet été comme le rendez-vous de l’’automne nous convoquent. _ Sachons, avec détermination et constance, faire prévaloir les exigences de cette gauche nouvelle.
Raoul Marc JENNAR
15 juin 2007

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