Dans ce moment unique de concorde nationale qui voit depuis 1918, la France célébrer l'armistice et ses combattants, il en est qui sont toujours oubliées : les femmes. S'il est plus que juste de célébrer la sacrifice des millions de jeunes ou moins jeunes hommes, immolés ou mutilés sur l'autel de la grande boucherie, il est injustice de ne pas y associer les femmes qui ont aussi payé dans leur chair et dans le cœur la note sanglante de cette guerre. Elles ont été présentes au front, dans les hôpitaux de campagne, et ont donné sans compter de leurs forces physique et de leur force d'âme pour soulager, soigner et aider la chair à canon que des généraux inhumains, leur envoyaient par ambulances entières. Elles ont suppléé les hommes dans les usines et dans les champs, empêchant la ruine de la France. Enfin, touchées dans leurs familles, dans leurs foyers, mères de soldats, veuves ou fiancées, de héros, de combattants ordinaires ou de mutins, compagnes d'invalides, tout juste aidées par une maigre pension quand les grands capitalistes prospéraient sur l'industrie de guerre, elles ont payé aussi le prix fort de ce carnage européen. Et s'il ne reste que quatre poilus, il y a encore, beaucoup de femmes survivantes de cette époque, qui auraient aussi à dire, à témoigner. Qui devraient être remerciées ou simplement honorées. Mais où sont-elles à l'heure des commémorations? L'année prochaine verra les animaux dans la guerre honorés. Cela en dit long sur le machisme ordinaire. Le Mammouth
Pour penser à elles, le beau monument d'Equerdreville-Hainneville, dans la Manche, symbolique monument pacifiste rare et exemplaire, érigé grâce à la volonté d'un maire ouvrier et socialiste, Hippolyte Mars, et sculpté par Emilie Roulez. En hommage silencieux à ces femmes et à leur famille.
Et pour penser à cette période dramatique, vous pouvez réécouter les émissions de Daniel Mermet : La chanson de Craonne
A equeurdreville dans le nord cotentin.<br />
Ce monument est juste à côté d'un collège.<br />
Il n'y a en revenche guère de continuité entre la subversion qu'a représenté pour l'époque ce monument et l'actuel municpalité qui barbote dans un rose pâle lénifiant. La torpeur semble avoir gagné d'ailleurs une partie de la population qui s'est assoupi dans la somnolence militante et social.<br />
RL.