Le Mammouth, depuis 2003, refuse cette société-là et charge tous les ultralibéraux et fascistes, de Manche et de Navarre.
Cette semaine, pour vous raconter un peu la vie estudiantine, j'ai du emprunter les transports en commun afin d'aller rejoindre une amie, pour que nous puissions réviser un peu les mathématiques, discipline maudite mais néanmoins nécessaire pour avoir l'immense privilège d'accéder à l'IUFM (Etablissement non moins maudit qui fournit les tortionnaires, de moins en moins nombreux, des bambins de France et de Navarre).
Comme nous sommes à Nice, j'ai eu largement le temps de contempler le paysage, en attendant que mon bus daigne pointer le bout de son capot, à cause des travaux du tramway, en retard pour la énième fois, du carnaval, et des divers problèmes de voirie qui pourrissent la ville déjà rendue en piteux état par des années d'incompétence, des Medecin père et fils à Maître Peyrat. Et là, comble de l'horreur mondialisée, qui risque de faire frémir le Mammouth et son lectorat plus ou moins écarlate et mangeur d'enfant, voilà que je m'aperçois qu'une nouvelle variété de Coca-Cola, dite « zero » avait fait son apparition sur les panneaux publicitaires. Jusque là, il n'y a pas de quoi fouetter un félidé, à part dire que ça doit probablement être imbuvable, et qu'il s'agit d'un Coca Light destiné aux « vrais »hommes (bobo et metrosexuels certes, mais avec leur fierté masculine tout de même) qui auraient honte de boire du Coca Light, lui destiné aux bonnes femmes et aux pédés.
Certes, pas grand chose à dire, sauf que je me suis aperçu que l'Etat policier, en plus d'empêcher les fumeurs de cloper en rond, a désormais décidé de s'attaquer aux grignoteurs avec l'opération « Programme National Nutrition Santé ». En effet, à partir de maintenant, sur les campagnes de publicité pour les chips, soda, et autres aliments remplis d'acides gras polysaturés, vous aurez le droit à des petits encarts façon paquet à cigarette comme: « Pratiquez une activité physique régulière », « Mangez au moins 5 fruits et légumes par jour », ou « Evitez de grignoter entre les repas », avec en prime l'adresse du site intitulé Manger Bouger, dont je me ferai une joie de ne pas faire la promotion tant son vieux relent totalitaire me donne envie de vomir le Coca-Cola Zero que je n'ai pourtant pas consommé.
Dans quel état stérilisé, autoritaire, à la limite d'un fascisme moralisateur sommes nous arrivés?
Est-ce cela le libéralisme dont les politiques nous rabattent les oreilles, fût-il social ou libéral tout court, le droit d'avoir une économie libérée, et des moeurs de plus en plus remises en cause?
Ces parangons de la liberté économique ne seraient-ils donc que les descendants d'une bourgeoisie coincée du popotin?
Le manque de savoir vivre était arrivé au point de cracher sur le malheureux bonhomme qui osait s'en griller une à moins de 5 mètres d'intervalle, voilà maintenant qu'on va faire la chasse aux mangeurs de chipster. « Fumer tue », « Grignoter est mauvais pour la santé », « Pratiquer une activité sportive régulière améliore la santé », et pourquoi pas « Regarder le JT de TF1 fait voter à droite », « Péter provoque une fuite de méthane qui aggrave l'effet de serre », « Le vote utile est la seule solution » ou « Travailler plus pour gagner plus, après tout le travail c'est la liberté »?
Au delà du ridicule de la campagne, qui préfère dire aux gens de manger des fruits, plutôt que de se demander pourquoi ils ont des problèmes de fins de mois qui les obligent à acheter des aliments engraissant au hard discount du coin, il y a quand même un problème démocratique fondamental.
Est-ce à l'Etat de régler notre alimentation, nos vices et nos activités sportives?
Dans une société où l'on se doit paraît-il d'augmenter la durée de cotisation pour payer les retraites, pour cause d'allongement de la vie, l'Etat doit-il nous demander de rester en bonne santé, en se privant d'aliments malsains, de tabac, d'une sexualité libre et assumée, et de la joie d'un bon verre de whisky?
Vivre jusqu'à 100 ans, c'est déjà pas la joie dans les vingt dernières années, mais si c'est pour en plus avoir eu une jeunesse à la con à manger du fromage blanc 0% pendant qu'on se délecte d'une intervention de Nicolas Sarkozy sur la TNT, autant se suicider jeune, comme disait Desproges, au moins, on profitera de la mort.
C'est pourquoi, chères et cher camarades, je vous propose une révolution simple, pantouflarde, mais qui au moins est réaliste en plus d'être agréable à vivre. Ce soir, sortez les cacahuètes, la gnôle de grand-père, et proposez à vos jeunes voisins fumeurs de joints une soirée sado-masochiste avec des tenues en latex non biodégradable pour emmerder tous ces braves gens...
Et pendant ce temps là, chez les réacs du Front National, on fait la chasse aux signatures et aux homos.