Le Mammouth, depuis 2003, refuse cette société-là et charge tous les ultralibéraux et fascistes, de Manche et de Navarre.
Elle était annoncée, et la rupture est effectivement là, le Parti Socialiste a tellement viré à droite que Laurent Fabius est désormais à son aile gauche.
Sous couvert de rénovation du Parti à la rose on assiste, au delà de tout questionnement sur le volet économique de la désormais candidate, au triomphe des valeurs morales et moralisatrices. Gageons que nous aurons droit, entre elle et Nicolas Sarkozy, à un débat profond entre les bons et les mauvais immigrés, les bons et les mauvais jeunes de banlieues, et les bons et les mauvais chômeurs.
Ce débat binaire sera sûrement au centre de la bataille qui s'annonce pour 2007, puisque Ségolène Royal veut restaurer « l'ordre juste » ce qui peut paraître à première vue paradoxal dans le parti qui était il y a de ça bientôt une quarantaine d'année, la Section Française de l'Internationale Ouvrière. Mais, après tout, Karl Marx remixé par Saint Louis, c'est peut être tendance. Cette observation pourrait en conséquence laisser à penser qu'il y a la fameuse rupture annoncée et semble t'il voulue.
Cependant, au delà de ce constat, si l'on y regarde de plus près, plus qu'une rupture de fond, c'est une rupture de forme.
En effet, en un an tout juste, car il faut bien avouer que ce fut rapide et qu'elle a du talent, Ségolène Royal a réussi à passer pour une jeune première, elle qui, a servi sous Mitterrand, a été découverte par Jacques Attali et risque d'accéder à la Présidence à l'âge où Tony Blair va prendre sa retraite de Premier Ministre Anglais après 3 mandats.
Elle a réussi à susciter le débat en lançant de grandes idées profondes comme, « Les profs ne travaillent pas assez et ne s'occupent pas bien des élèves » ou « Les jeunes délinquants ont besoin d'un encadrement militaire », idées ressassées depuis des lustres, le tout en réitérant qu'elle faisait confiance au choix des Français et qu'elle les écoutait, ce qui dans une France où dix millions de veaux regardent la Star Academy et où encore plus de veaux prônent le retour de la peine de mort pour les pédophiles laisse augurer du meilleur pour la suite.
Deuxième idée toute faite concernant la rupture, celle avec le passé, et cela pour les deux principaux candidats à la présidentielle. Si rupture il y a, que dire alors de la nécrophilie collective qui semble avoir poussé tous les précandidats du PS à l'anniversaire de la mort de François Mitterrand, et à la course à l'héritage qui a suivi?
Une nécrophilie par ailleurs largement partagée par l'UMP puisque Nicolas Sarkozy lui même s'est dit Gaulliste puisqu'il a hérité des capacités de changement de feu le Général.
Face à ces constats que penser de la victoire de Ségolène Royal?
S'il n'y a pas rupture, il y a suivi d'un mouvement, en l'occurence celui qui n'a fait que s'amplifier d'années en années et qui se réclame du retour aux valeurs morales, en contradiction avec un certain mai 68, décrié dans les années 80 par Luc Ferry et Alain Renaut, dont les idées réactionnaires auront donc mis 20 ans à contaminer le parti Socialiste. Après avoir enterré le marxisme (pour le coup sans Ferry mais avec l'aide BHL et de ses Nouveaux Philosophes et même bien avant), le PS tue maintenant le peu qu'il restait de mai 68 sur le plan culturel et moral.
Ce suivi de l'opinion, intellectuel et surtout populaire, est d'ailleurs renforcé par la crainte toujours présente et répétée à outrance par les médias d'un nouveau « 21 avril ».
On constate alors que la seule nouveauté amenée par la victoire de Ségolène Royal vient du Parti Socialiste, qui pour la première fois est pris par la droite, et non par la gauche, et qui se lance dans des primaires ouvertes aux militants actifs du parti, pour aboutir selon toute vraisemblance à un élargissement à tous les citoyens français afin de mieux tenir compte du mouvement de l'opinion.
Pas de doutes, avec tout cela, cette nouvelle élection présidentielle va faire un carton chez les trentenaires.